Le frelon asiatique, bête noire des apiculteurs

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Le frelon asiatique s’est répandu sur tout le territoire français en moins de 15 ans. Ce prédateur menace les abeilles, déjà victimes des pesticides et des maladies. Une invasion que les dispositifs mis en place peinent à maîtriser, et qui fait le désespoir des apiculteurs.

« Quand le frelon asiatique arrive, les abeilles, paniquées, se mettent sur la défensive à l’entrée de la ruche. En vol stationnaire, le frelon leur tourne le dos, pour attaquer celles qui reviennent chargées de pollen, témoigne Hugo, apiculteur en Île-de-France. Ça fend le cœur, quand t’en tues un et que t’en as deux qui arrivent juste après, c’est comme donner des coups d’épées dans l’eau. » Continue reading

Le salutaire travail des vers de terre à la ferme de la REcyclerie

Située porte de Clignancourt, la ferme de la REcyclerie est un lieu emblématique de l’agriculture urbaine et de la préservation de la biodiversité, à l’honneur les 22 et 23 septembre dans le cadre de la 22e fête des jardins de la capitale organisée par la mairie de Paris.

Sur la voie ferrée désaffectée de la Petite Couronne, verdoient et s’enchevêtrent des « mauvaises herbes » et des lierres qui concourent à la dépollution de l’air et à la biodiversité. Le long de cette voie, ses talus et les anciens quais de la gare d’Ornano sont désormais dédiés à la permaculture. Les plantes mellifères sur le toit végétalisé de l’ancienne consigne, les 150 m2 du potager et les 140 m2 de la serre bénéficient d’un système d’arrosage goutte à goutte. Pour que la terre reste humide, on la couvre de paille et de grains de pouzzolane, une roche volcanique poreuse. Les « phytos », pesticides et engrais chimiques, sont proscrits. Ils « tuent la vie », explique Cécile, une férue d’écologie qui, à 47 ans, fait un stage ici. Il faut que l’on soit réduit à la dernière nécessité pour que l’on recoure au savon noir dilué dans de l’eau tiède, un insecticide biodégradable.

La bonne nouvelle

Il a fallu 2 ans pour assainir le sol de la ferme, située à 350 m du périphérique. « La bonne nouvelle, observe Cécile, c’est que l’on peut remettre en état un sol. » Pour cela, il faut, entre autres opérations complexes, des vers qui aèrent et fertilisent la terre.

Le sol du potager est désormais l’un des plus riches en lombrics de Paris. Des riverain·es versent dans le « lombricomposteur » des déchets triés sur le volet, que le « travail des vers de terre » transforme en compost. Ce compost, et le « jus de vers » qui s’en écoule, servent d’engrais pour le potager et la serre.

Les trous ne changent pas le goût

Mais les trous dans les feuilles de menthe poivrée ? « Ils ne modifient pas leurs qualités nutritionnelle et gustative », et chaque matin, deux canards font la chasse à la limace. Les feuilles racornies qui déparent les guirlandes de courges serpentant dans la serre et le potager ? « ça ne dérange pas le fruit », répond Olivier qui, à 26 ans, coordonne la ferme urbaine. Décontracté, en bermuda et tee-shirt vert amande – ça ne s’invente pas –, ce salarié de l’association des Amis recycleurs, convient qu’en dépit de son master en étude de sol à AgroParisTech, il a « surtout appris sur le terrain » ; au milieu des 170 plantes dont il prend soin avec un agriculteur, des bénévoles de l’association et des stagiaires.

Dakary se réjouit

« C’est une bonne initiative », juge Dakary, un grand gaillard posé de 40 ans, d’ascendance africaine, mais né dans le quartier. « Jusqu’à ce que je travaille devant la REcyclerie, je passais à côté sans même me demander ce que c’était ». À présent, il se réjouit de savoir qu’« il y a des ruches au-dessus de nos têtes », sur le toit végétalisé. Il va emmener ses ami·es et sa famille, après le travail, dans « ce petit bout de campagne ».

Le vote du budget participatif, clôturé à la fin de la fête des jardins, nous dira jusqu’à quel point les Parisien·nes ont, sinon la main, du moins le cœur vert.

Sylvia Duverger

 

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