Protection de la jeunesse en Seine-Saint-Denis : le cri d’alerte des travailleurs sociaux

Enquête de Yann, relecture par Virginie

Sous effectifs, nouvelles recrues mal formées, heures supplémentaires qui empiètent sur le temps personnel…  Dans le 93, les conditions de travail n’ont cessé de se dégrader au sein des différentes structures départementales et associatives dédiées à la protection de la jeunesse. La justice n’est pas épargnée. Résultat : manquements et retards de prise en charge des dossiers qui risquent de fragiliser la situation d’enfants déjà en difficulté.

Dans la nuit du lundi 17 septembre 2018, Luigi, un jeune de 16 ans, est mort lors d’une fusillade dans une rue de Saint-Denis. Dans la semaine qui a suivi, l’émotion est restée vive. Le samedi, une marche blanche a réuni plus de 400 personnes. Des élus de la mairie et du département étaient présents parmi la foule pour soutenir la famille. Victime d’une balle perdue, Luigi n’aurait pas dû se trouver là. L’adolescent était suivi par plusieurs services sociaux du département. Un juge pour enfant de Bobigny avait ordonné son placement dans le foyer d’accueil de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) de Rosny-Sous-Bois. Placé pour six mois dans la structure, Luigi était parti deux mois au Cap Vert avec ses parents pour les grandes vacances. Or, à son retour en France, il ne réintègre pas la structure de Rosny et meurt deux semaines plus tard à quelques rues du domicile familial. A-t-il échappé à son contrôle judiciaire ? Le foyer n’a-t-il pas jugé opportun de le reprendre ?  Les personnes directement impliquées dans le dossier que nous avons contactées, bouleversées, ont refusé de nous répondre, à l’exception d’une personne souhaitant rester anonyme : « Peut-être que si nous pouvions faire notre travail correctement ce jeune ne serait pas mort ! » Sous-entendu, les structures sociales pour la protection de la jeunesse sont-elles en mesure de remplir leurs missions en Seine-Saint-Denis ?

marche blanche Luigi

Marche blanche en hommage à Luigi le 22 septembre à Saint-Denis – crédits photos : France 3

Pour y avoir travaillé, Fadila Djaoun connaît bien le foyer de Rosny-Sous-Bois, qui avait accueilli Luigi. Aujourd’hui, représentante syndicale CGT pour la PJJ en Île-de-France, elle explique : « Pour encourager ce genre de projet de vacances, il peut y avoir une modification partielle du placement. Mais si on envisage le départ on envisage le projet de retour. » Si les professionnels de la protection de la jeunesse tirent la sonnette d’alarme, c’est parce que le système social en Seine-Saint-Denis connaît une crise profonde. Les chiffres sont éloquents. Sur les 4622 mesures éducatives ordonnées en 2017, seulement 3257 ont été prises en charge. Les élus du département le plus pauvre de France ont, à maintes reprises, alerté eux aussi l’État sur la dégradation de la situation. En vain. À ce jour, 915 mesures éducatives prononcées par les juges pour enfants de Bobigny sont en attente de prise en charge. Les délais mise en œuvre peuvent courir jusqu’à 18 mois. Catherine Bailly, chef de service à l’Association vers la vie pour l’éducation des jeunes (AVVEJ) s’inquiète des conséquences : « Si des mesures sont prononcées c’est bien qu’il y a des enfants en souffrance dans des familles elles-mêmes en grande précarité sociale. Le temps est souvent compté ! »

« En 2013, il y avait 14 titulaires au foyer de Rosny-Sous-Bois. Suite à des changements de direction, il n’y en a plus qu’un aujourd’hui les autres postes sont occupés par des vacataires. » 

C’est cette « impossibilité structurelle de faire correctement son travail » que dénonce Sophie Benhaïm, elle aussi représentante syndicale à la CGT PJJ. Les dysfonctionnements que pointent les syndicalistes n’ont pas tous une conséquence aussi dramatique que la mort du jeune Luigi. Néanmoins, les problèmes sont suffisamment graves pour que les salariés de la PJJ dénoncent leur incapacité à protéger les enfants du 93 comme ils le devraient. Quand Fadila Djaoun est arrivée au foyer de Rosny en 2013, le nouvel établissement était considéré comme un modèle du genre : « Il y avait 14 titulaires. Suite à des changements de direction, il n’y en a plus qu’un aujourd’hui les autres postes sont occupés par des vacataires. » Selon la syndicaliste, la direction a été jusqu’à embaucher des étudiants en cours de formation. « Connaissent-ils toutes les procédures ?  Sont-ils suffisamment formés ? Ont-ils les bons réflexes du métier ? » interroge Fadila. L’enfant n’est plus au centre de la préoccupation des managers. Il a fait place à la gestion budgétaire, à la chasse aux économies. « Les nouveaux cadres sortent des écoles avec leur diplôme de management en poche. Ils ne connaissent pas le métier et n’ont aucune expérience. Ils ne tiennent plus compte de l’expertise des acteurs du terrain », explique Sophie Benhaïm. « Le quantitatif a remplacé le qualitatif, mais ça ne fonctionne pas ! »

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Le square des droits de l’enfant à Saint Denis – photo de mars 2008 – crédits photo : Claude Villetaneuse

 

Dans le 93, 700 jeunes attendent d’être pris en charge, par la PJJ. Pour libérer des places dans les foyers et réduire l’attente, il est demandé aux éducateurs « d’exclure les jeunes majeurs qui n’adhèrent pas aux mesures éducatives, dénonce Sophie. Les éducateurs n’ont plus le temps de travailler, on perd le sens de notre métier. » En 2018, 60 jeunes ont été écartés des foyers du 93. Sophie s’est mise à militer pour défendre un métier auquel elle croit encore : « Les jeunes ont besoin de repères fixes pour adhérer aux suivis éducatifs, il nous faut du temps, plus de personnel qualifié et de la stabilité. Mais notre administration ne l’entend pas. »

« On ne gère plus que les cas les plus urgents, les plus graves. »

Avant d’être suivi par la PJJ ou une autre structure sociale, il y a tout un processus allant du signalement à la mise en place d’une mesure éducative ou pénale par un juge pour enfants . Quand un enfant est signalé par exemple par son établissement scolaire, on parle d’une « information préoccupante ». La cellule de recueil des informations préoccupantes (CRIP) est alors prévenue. Ce signalement est étudié en équipe et si nécessaire, l’Aide sociale à l’enfance (ASE) se saisit alors du dossier et le transmet au parquet. Le juge ordonne alors une investigation afin d’évaluer la situation. Mais le manque de personnel de l’ASE ralentit tout le fonctionnement du système. « Il peut y avoir six mois d’attente pour qu’une évaluation soit faite alors que le délai maximum est censé être deux mois. Autant dire que les situations ont le temps de se dégrader. Notre travail perd tout son sens », constate Mélanie*, assistante sociale à Saint-Denis. Conséquence : « On ne gère plus que les cas les plus urgents, les plus graves. »

Les yeux humides, Sonia*, éducatrice à l’ASE déplore : « On est seul face aux situations, j’ai l’angoisse de me tromper, de mal faire mon travail. Je n’ai plus le temps de penser, pourtant les situations sont complexes et demandent de la réflexion. » Quand les mesures sont mises en œuvre, les associations agréées ne parviennent pas pour autant à les exécuter. Il a fallu plusieurs mois à Camille*, psychologue dans un foyer agréé par l’ASE, pour organiser des médiations entre une adolescente victime de maltraitance et sa famille : « La présence de l’éducateur de l’ASE était obligatoire. Pris dans ses urgences, il décommandait systématiquement. » À Saint-Denis il n’y a pas eu de responsable de l’ASE pendant plus d’un an. Un calvaire pour Mélanie* : « L’administration départementale est centrale, c’est l’organisme qui collecte les informations, recommande et délègue les mesures quand elle ne les gère pas elle-même. »  En avril 2018, Manu accompagnait un adolescent sans domicile fixe. L’éducateur de rue sollicite l’ASE pour trouver un hébergement à l’adolescent. Le temps passe, et finalement le service départemental le rappelle… fin octobre. « Trop tard, entre temps, je l’ai perdu de vue, je ne sais pas ce qu’il est devenu ! », Soupire Manu. Son constat est sans appel : « Quand on va vers les gamins ils nous répondent que cela ne sert à rien. On a intégré la défaite dans notre travail ».

Le département a acté ce manque de moyen à travers une circulaire datée du 11 septembre dernier et passée inaperçue. Le directeur de l’enfance et de la famille et la directrice de la prévention et de l’action sociale indiquent que « du fait de la charge d’activité des équipes, […] l’évaluation pourra être effectuée par un seul professionnel d’un des trois services départementaux (Aide sociale à l’enfance, Protection maternelle infantile ou service social départemental). » (Cf. pièce jointe). Pour les travailleurs sociaux c’est inacceptable. Sonia est désespérée : « Nous ne pouvons pas tout traiter tout seuls, nous avons besoin de l’expertise des autres professionnels pour comprendre la situation dans laquelle un jeune peut se trouver. » Le syndicat SUD territorial s’inquiète de « l’annonce de la fin du travail pluridisciplinaire et dénonce l’illégalité de la directive. »

Crédits photo : Clicsouris via Wikimedia Commons

Au palais de justice de Bobigny, les juges des enfants s’alarment des carences de la justice pour mineurs en Seine-Saint-Denis – Photo d’avril 2007 – Crédits photo : Clicsouris

Le 5 novembre, les juges pour enfant du tribunal de Bobigny ont publié une tribune relayée par Le Monde et France Inter. Marion Potier est l’une des signataires. Elle concède dépasser les délais de mise en œuvre des mesures mais reconnait que, « en raison de ces délais, une mesure éducative prononcée au profit d’un mineur dans un autre département ne le serait pas forcément ici. » Elle essaie bien « de ne pas tomber dans ce travers. Mais finalement, on se dit parfois que la situation du jeune n’est peut-être pas si compliquée et que s’il faut attendre 18 mois, on prend une mesure fictive. »  Interrogée le même jour sur cette tribune, Nicole Belloubet, ministre de la Justice, se contente de botter en touche sur France Inter : « Je ne nie pas la responsabilité de l’État, mais je dis que la mise en œuvre des décisions de nature civile, cela appartient au département. »

« L’ASE (Aide sociale à l’enfance) tente bien de recruter mais personne ne veut travailler dans le 93. Les éducateurs fuient le département. »

En attendant, les jeunes en besoin de protection sont livrés à leur sort. « L’accumulation des signalements est le seul critère qui accélère la mise en place des mesures », confesse Mélanie. Sophie Benhaïm de la PJJ regrette : « Nous suivons des jeunes parce qu’ils ont posé un acte délinquant alors que cela fait trois ou quatre ans qu’ils auraient dû bénéficier d’un suivi dans le civil. » Pour pallier ces problèmes, l’ASE tente bien de recruter mais personne ne veut travailler dans le 93. Les éducateurs fuient le département. 83% des dossiers sont gérés par des associations et les trois associations agréées rencontrent aussi des problèmes de recrutement. En 2017, 8% des postes d’éducateurs n’étaient pas pourvus, en juillet dernier c’était une quinzaine. À l’AVVEJ, « un éducateur doit suivre 25 jeunes mais en réalité c’est plutôt 40 », précise Catherine Bailly. Si deux éducateurs interviennent dans une même famille alors chaque suivi est considéré comme une demi mesure. Ses équipes tiennent « parce qu’elles n’ont pas le choix, on le fait pour le public ».

Sonia est déprimée et regrette de devoir systématiquement bricoler : « Je n’ai plus le temps de faire correctement mon travail ». Quand elle est en arrêt maladie ou en congés, elle n’est pas remplacée et s’oblige à continuer d’écrire des rapports, de répondre à ses mails. « Si je ne le fais pas, c’est mon supérieur qui la fera. Mais il est lui-même débordé, alors, ce sera bâclé. » Côté PJJ, quand Sophie a demandé sa mutation du 92 au 93, « mes collègues m’ont dit que je gâchais mes points de mutation ». Est-ce que ce que le problème vient du public ? Elle balaie la question du revers de la main : « La violence des jeunes on la connaît. On travaille avec, c’est notre métier ! » À la PJJ, « on travaille en flux tendu, dénonce Sophie, notre direction s’étonne qu’un éducateur chute dans les escaliers après une semaine de 60 heures. La convention collective prévoit pourtant 53 jours de vacances par an. Mais beaucoup de collègues sont obligés de travailler pendant les vacances scolaires pour s’en sortir. » Dans l’associatif, les professionnels travaillent aussi le week-end ou la nuit. Il existe même une agence d’Intérim spécialisée dans le travail social. Camille conclut : « En sortant ces gamins de leur famille, l’État français leur fait la promesse de les protéger, de prendre soin d’eux. Ils arrivent dans des foyers où les adultes sont épuisés, de moins en moins formés. Ils sont eux-mêmes en souffrance et n’ont plus les moyens d’exercer leurs fonctions. Interrogeons-nous, quel est le résultat final sur ces enfants ? »

Effondrement des ventes de véhicules Diesel

Effondrement des ventes de véhicules diesel

Alors que les taxes sur les carburants sont à la hausse, les ventes de véhicules Diesel dégringolent

La grogne monte alors que le gouvernement a annoncé fin septembre de nouvelles hausses de taxes de carburant. Ces augmentations ainsi que l’objectif d’aligner les fiscalités des deux carburants avaient été annoncés et s’inscrivent dans la politique de transition énergétique du gouvernement. Les automobilistes l’ont compris, pour preuve, depuis plus d’un an, les ventes de véhicules Diesel dégringolent.

La part du diesel dans les immatriculations de véhicules neufs particuliers a chuté de 47% en 2017 à 39% sur les dix premiers mois de 2018. Les véhicules d’occasion ne sont pas en reste avec un recul de 5,4% des ventes au premier semestre. Par ailleurs, les constructeurs se désengagent les uns après les autres et, à la suite de Volvo, Fiat, Smart, Toyota, Porsche a annoncé fin Septembre sa sortie du diesel.

Il faut dire que le climat général n’est pas pour rassurer les acheteurs. Une première hausse fiscale avait déjà été appliquée en janvier 2018. D’autre part, le spectre des restrictions ou interdictions de circulation dans plusieurs villes de France, les craintes pour la revente des véhicules et la perspective d’un entretien plus coûteux suite à l’annonce d’un contrôle technique durci en 2019 ne sont pas non plus pour inciter à l’achat de véhicules Diesel.

L’alignement de la fiscalité des deux carburants diesel et essence devrait se faire d’ici 2020

La baisse des ventes de diesel semble pour l’instant profiter surtout aux modèles essence dont les ventes ont gagné 7 point et s’élèvent aujourd’hui à 56.7%. Des hausses de taxes sont prévues tous les ans jusqu’en 2022 et l’alignement de la fiscalité des deux carburants devrait se faire d’ici 2020. L’évolution inversée des ventes de véhicules Diesel et essence devrait donc se poursuivre encore un peu.

Virginie Cantagrel

 

EXO ADN – Virginie

Titre:

Kits d’analyse ADN : la fin des secrets

Chapô :

Les ventes de tests génétiques connaissent une croissance exponentielle aux Etats-Unis ces dernières années. Cet essor, lié à un engouement pour la connaissance des racines génère une prolifération de profils génétiques qui n’est pas sans poser problème.

Exergue :

« Si vos sœurs, frères, parents ou enfants s’adonnent à cette activité en ligne, ils compromettent votre famille pour des générations », Erin Murphy

Inter 1 :

La capacité à prédire les risques de maladie est limitée

Inter 2 :

montagne de données génétiques

Inter 3 :

La loi Gina a de nombreuses lacunes

Inter 4 :

identification des suspects

Brève Libé Virginie

Une jeune-femme de 32 ans, enceinte de trois mois, a succombé hier après avoir été percutée samedi par un véhicule dans le IX arrondissement de Paris. Le chauffeur de 20 ans, dont les analyses d’alcoolémie se sont révélées négatives, a été interpelé et placé en garde à vue. Deux autres personnes qui se trouvaient à bord du véhicule se sont enfuies après l’accident, intervenu alors que le véhicule roulait à vive allure dans un couloir de bus.

exo Libé – Virginie

Surtitre

Frénésie sécuritaire dans les tribunaux

Titre

Tour de France des box des accusés

Chapô

Avocats et magistrats s’indignent des nouvelles installations ultra sécurisées qui induisent une présomption de dangerosité de l’accusé et entravent sa communication avec les juges et les avocats.

Inter1

Le box est un prolongement de la geôle

Inter2

Ambiance hightech

Métro parisien : que va changer pour vous le prolongement de la ligne 11?

A la station de métro Porte des Lilas, les travaux ont démarré dans le cadre du projet de prolongement de la ligne 11 du métro parisien. Nous avons recueilli les réactions des passants.

travaux métro porte des Lilas

Porte des Lilas 28 Septembre 2018 (crédit photo : VirginieR)

Isabelle, 57 ans, rédactrice au ministère des armées

« ce sera l’occasion d’aller à Rosny ou Romainville »

« Je ne sais pas. Ce n’est pas sûr que je m’en serve tous les jours. Pour l’instant il n’y a que les bus qui vont dans ces endroits-là. Ca me permettra éventuellement d’aller à Rosny ou Romainville. C’est l’occasion de changer mes habitudes et d’aller dans des endroits où je n’allais pas avant. »

Maël, 27 ans, agent de police aux frontières à Orly

« Je vais peut-être déménager »

« ça permettra aux gens de trouver des logements moins chers, plus éloignés de Paris tout en évitant les embouteillages. D’ailleurs, je pense regarder moi aussi la possibilité de déménager dans une des communes qui seront sur la ligne comme Romainville ou Rosny. »

 

Yulia, 38 ans, femme de ménage 

« Ce sera plus pratique »

« Oui ce sera plus pratique. Mon mari travaille en banlieue et prend la voiture, après les travaux, ce sera direct et il évitera les bouchons. Pour l’instant je ne travaille pas, je m’occupe de mon bébé. Mais quand je referai des ménages, je gagnerai du temps avec le prolongement de la ligne. »

Jonathan, 27 ans, directeur de restaurant

« Ce sont des quartiers chauds, ça me dérange ! »

« ça nous fait peur, le 93, ce sont des quartiers chauds! Ce projet ce n’est pas une bonne idée du tout. Je me suis fait agresser il y a un mois à une station de métro au stade de France, ils m’ont tout pris. Je ne vois pas à quoi ça sert de prolonger le métro dans cette direction. »

Malika, 25 ans, auxiliaire puéricultrice

« ça me permettra d’aller au centre commercial de Rosny plus facilement »

« J’habite le quartier depuis toujours et je me rends souvent au centre commercial de Rosny pour du shopping ou pour boire un verre avec mes amies. Après les travaux ce sera plus rapide. En plus, la ligne 11 est très pratique, il n’y a pas beaucoup de problème et il y a pas mal de correspondances. »

Métro Porte des Lilas en travaux : des commerçants mécontents

Les commerçants se considèrent pénalisés par les travaux Porte des Lilas qui gênent le déplacement des piétons et génèrent une baisse de leur activité.

Dans les effluves de goudron mêlées de gaz d’échappement, les passants slaloment entre les zones de travaux à la Porte des Lilas. Au vacarme habituel de la circulation, s’ajoutent le remue-ménage des grues mobiles et les allées et venues des ouvriers en gilet fluo.

travaux métro porte des Lilas

Porte des Lilas en travaux 26 Septembre 2018 (photo : VirginieR)

Comme dans les autres stations de la ligne 11 du métro parisien, des travaux sont en cours, en perspective de l’ouverture de six nouvelles stations entre Mairie des Lilas et Rosny-Bois- Perrier à l’horizon 2022. Un premier chantier s’étale depuis fin août sur 150 mètres le long de la rue de Belleville où l’on renouvelle les câbles d’alimentation. Un second chantier, avenue de la Porte des Lilas, concerne la création d’un nouvel accès à la station. Les commerçants regardent d’un mauvais œil ces travaux qui entravent la circulation des piétons et découragent la clientèle.

Le kiosquier, situé sur le carrefour à deux pas de la rue de Belleville, déplore la baisse de la fréquentation : « le chiffre a baissé de 10 à 15% depuis le début des travaux. Mes clients sont souvent des femmes âgées, elles ont du mal à venir, elles ont peur des voitures, ça les dissuade. » Le buraliste de l’avenue de Belleville est mécontent lui aussi, il n’a pas de « pont lourd » devant son échoppe, contrairement au restaurant japonais un peu plus loin. Les «ponts lourds», ce sont ces plaques posées au-dessus de la tranchée qui permettent aux passants d’accéder au magasin sans faire un long détour.

Côté Porte des Lilas, les travaux pour la nouvelle sortie de la station ont démarré en février 2018. Chef de chantier en génie civil, Thierry Duval, dont le rôle est aussi de dialoguer avec le voisinage, se veut rassurant : « ça se passe plutôt bien avec le voisinage. » Mais Ahmed qui travaille à la boulangerie Aux Délices des Lilas signale des désagréments : « J’habite au-dessus de la boulangerie et ils ont sorti les marteaux piqueurs à deux heures du matin cette nuit, la police a dû intervenir !»

Un peu plus loin, en longeant l’avenue de la Porte des Lilas, de l’autre côté du périphérique, le Pub irlandais Corcoran’s est épargné par le vacarme des travaux. Le serveur du Pub se frotte les mains : « la création de la nouvelle sortie de la station de métro va drainer plus de monde. En plus nous ne subissons aucun désagrément lié aux travaux. »

 

Station Pyrénées : les travaux du métro se poursuivent

Les travaux ont démarré le 12 Septembre du côté impair de l’avenue Simon Bolivar au niveau de la station Pyrénées, impactant les usagers du métro et la circulation dans ce quartier situé à la limite du 19ème et du 20ème arrondissement de Paris.

travaux métro Pyrénées Aout 2009

Avenue Simon Bolivar Août 2009 (Crédit Photo : Clicsouris)

 

 

 

 

 

 

 

 

Les travaux se poursuivent à la station Pyrénées du métro parisien, dans le cadre du projet de prolongement de la ligne 11. Après une première phase de travaux achevée du côté des numéros pairs de l’avenue Simon Bolivar, le chantier s’attaque depuis le 12 Septembre au côté impair. Pendant cette nouvelle phase prévue pour durer 28 mois, la sortie numéro 3 de la station sera fermée et une partie de l’avenue mise en sens unique. Deux nouveaux accès vont être créés de part et d’autre de la chaussée. Mais le gros des travaux sera de creuser les galeries souterraines des futurs couloirs de circulation pour adapter la station à l’arrivée des nouvelles rames.

La ligne 11 du métro, qui relie aujourd’hui Châtelet à la Mairie des Lilas, sera prolongée jusqu’à la gare RER de Rosny Bois-Perrier à l’horizon 2022 afin de faciliter les déplacements dans l’Est parisien et en Seine-Saint-Denis. Un deuxième tronçon est prévu jusqu’à Noisy-Champs avec mise en service prévue pour 2025.

Le projet prévoit aussi l’augmentation de la fréquence des rames avec un métro toutes les 1 minute 45 en heure de pointe. Par ailleurs, le renouvellement en totalité des rames doit permettre une hausse de la capacité de transport. Des conditions de transport améliorées sont donc attendues, une perspective qui devrait aider les usagers de la ligne 11 à patienter jusqu’à la fin des travaux.

 

EXO : B/K – Virginie

Titre 1 : Booba – Kaaris : ouverture du procès

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CHAPÔ 1 :

Suite à la bagarre du 1er Août devant une boutique Duty free à l’aéroport d’Orly, les deux rappeurs doivent répondre de violences aggravées et vols en réunion.

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Légende 1 :

Booba, Kaaris et neuf membres de leurs clans respectifs se retrouvent aujourd’hui sur les bancs du tribunal correctionnel de Créteil.

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 INTER 1

Les deux rappeurs invoquent chacun la « légitime défense »

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TITRE 2

Bilan : 54213 € de préjudice et sept vols retardés

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TITRE 3

Sueurs froides à deux jours du mariage

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CHAPÔ 3

Ils croient rater leur vol suite à la pagaille déclenchée par la bagarre des rappeurs.

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INTER 3

«Un vrai bordel ! »

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LEGENDE 3

Après le coup de stress, l’épisode Booba Kaaris est devenu une blague de leur mariage.

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La Recyclerie : une clientèle en quête de changement de style de vie

« Je suis végétarienne et en route pour un mode de vie zéro déchet », « j’ai quitté Paris, maintenant je fais pousser des calebasses, j’en fais des lampes », « je suis flex », « je crève les pneus des 4×4 ». Voici quelques une des « bonnes idées » épinglées sur le grand tableau disposé au fond du « café-cantine » de la Recyclerie.

L’établissement, créé en 2014 dans le 18ème arrondissement de Paris brasse une multitude d’initiatives autour des valeurs éco-responsables. Les clients en questionnement sur leur style de vie s’y retrouvent et peuvent partager leurs expériences et leurs projets.

Au milieu des effluves d’herbes aromatiques et une légère musique en fond sonore, une dizaine de clients sont attablés devant la grande paroi vitrée qui surplombe les voies de cette ancienne gare. Des objets vintage sont disséminés dans la vaste salle : un gros téléphone gris à cadran, une boîte aux lettres en bois, un peu plus loin une ancienne balance d’épicier.

Cécile, quarante-sept ans, est stagiaire depuis huit jours à la Recyclerie. En tee-shirt violet, pantalon treillis et chaussures de marche, elle ramène au Chef 10 œufs du poulailler. Elle déclare avec enthousiasme : « moi j’encourage tout le monde à être agriculteur ! » Ancienne journaliste radio, elle se reconvertit et suit une formation en Arts et Techniques du paysage, spécialité agriculture urbaine et péri-urbaine à l’école du Breuil dans Paris 12ème.

Avenante, elle explique qu’elle fait de la « pédagogie » pendant son stage et répond aux demandes de conseils en matière de jardinage. Son activité lui donne l’occasion d’échanger avec les clients, habitués ou de passage, elle les entend parler de leurs projets : « j’entends très souvent les gens me dire qu’ils veulent changer de vie et qu’ils en ont ras le bol des écrans ». Les gens lui font part de leur envie de quitter la ville et de se mettre au vert. « Je vois beaucoup de gens qui se forment en permaculture, d’autres font du woofing, cette pratique qui permet d’aller travailler dans des fermes bio et de partager ainsi des savoir-faire». « Les gens ont compris l’urgence des problèmes de biodiversité et de changements climatiques, on a 20 ans pour remettre les sols en état. »

Un petit groupe commence à se masser à l’entrée de la Recyclerie, devant « l’atelier René » qui propose de petits travaux de réparation. Il est quatre heures, une visite guidée de l’espace va démarrer. Christophe, la quarantaine, chemise à fleurs, est venu pour la visite. « Je suis bénévole depuis deux ans au café sauvage à Caen, où le prix des consommations est libre, je m’intéresse à ce type d’initiative ». Il est lui-même en reconversion professionnelle, animateur jeunesse, il cherche aujourd’hui à se former pour ouvrir un espace dédié au bien-être et aux massages.

Simon, âgé de 28 ans, explique qu’il revient du Canada où il a suivi une formation en agriculture urbaine. Il profite de la visite pour demander s’ils recherchent des candidats dans ce domaine. Malheureusement, le poste a été pourvu récemment, on lui propose de retenter sa chance un peu plus tard…

Virginie Cantagrel