Football amateur : les violences démotivent les arbitres

Daniel Moreira (en blanc, de dos) expulsé du banc de la réserve du RC Lens par l'arbitre Mike Denis lors du match RC Lens B / AC Amiens, comptant pour la cinquième journée du Championnat de France de football amateur (CFA), le 12 septembre 2015, au stade François Blin d'Avion. Crédit : Supporterhéninois, licence Creative commons.

Daniel Moreira (en blanc, de dos) expulsé du banc de la réserve du racing club de Lens par l’arbitre Mike Denis, lors du match Lens B contre l’Athletic club d’Amiens comptant pour la cinquième journée du Championnat de France de football amateur, le 12 septembre 2015, au stade François Blin, à Avion. Crédit : Supporterhéninois, licence Creative commons.

 

En raison de la montée de la violence dans les stades, les clubs de foot amateur peinent à trouver des arbitres pour les rencontres qu’ils organisent. Une situation qui semble sans solution.

Après vingt-quatre ans d’exercice de la fonction d’arbitre, le Montalbanais Pierre-Nicolas Gallo jette l’éponge et dresse un constat amer sur l’évolution des mentalités dans le foot amateur :

« J’ai reçu un coup de tête d’un joueur pendant un match de deuxième série. Depuis je ne prends plus de plaisir à arbitrer. Les joueurs croient que nous détenons le résultat du match, alors que nous sommes impartiaux. À chaque rencontre, nous sommes contestés et insultés. Les noms d’oiseaux fusent. » (Interview filmée publiée le 11 octobre sur le site de La Dépêche.fr ).

 

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Le nombre de véhicules diesel diminue

Moins de diesels, mais encore beaucoup de voitures en novembre 2018. Copyright : François Husson.

Moins de diesels, mais encore beaucoup de voitures en novembre 2018. Copyright : François Husson.

Les ventes de voitures à moteur diesel sont en baisse, et la proportion de véhicules moins polluants augmente. Mais lentement.

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Exo ADN Sylvia

Une cartographie de l’intime non sans risque

Les tests ADN, en vente libre et d’un prix décroissant aux États-Unis, suscitent un engouement dont les exploitations commerciales ou judiciaires se multiplient. Leur prolifération risque fort de se retourner contre leurs usagers ou leurs proches.

Exergue

« Si vos sœurs, frères, parents ou enfants s’adonnent à cette activité en ligne, ils compromettent votre famille pour des générations », Erin Murphy (professeure de droit à New York University, spécialiste de l’ADN).

Inter I 40 % de faux positifs

Inter 2 : Plus de secrets

Inter 3 : Dissémination de données

Inter 4 : Zone grise juridique

brève Libé Sylvia

Fauchée par un chauffard samedi soir dans le IXe arrondissement, une jeune femme enceinte est morte hier des suites de ses blessures. Le conducteur, âgé de 20 ans, l’a percutée après avoir perdu le contrôle de son véhicule. Interpellé et placé en garde à vue, ses analyses d’alcoolémie se sont révélées négatives. Les deux passagers qui se trouvaient dans sa voiture se sont enfuis après l’accident.

Exo libé Sylvia

Surtitre : Au tribunal

Titre : « Des piloris modernes »

Chapô : Construits ces dernières années dans le contexte terroriste, les box en verre ou en fer oblitèrent les droits de la défense. Magistrats comme avocats les dénoncent.

Exergue : « L’accusé n’est plus un personnage central, mais une figure extérieure… Aujourd’hui le box est un prolongement de la geôle. » 126 Me Tcholakian, membre du syndicat des avocats de France (SAF)

Intertitre I

Comme au Moyen Âge 18

Intertitre II

Ambiance hightech

 

 

 

Travaux aux stations Pyrénées et Jourdain : « De toute façon, il faut les faire « 

Les stations de métro Jourdain et Pyrénées, dans le XXe arrondissement de Paris, sont en cours de rénovation : le prolongement de la ligne 11, reliant la banlieue à Paris, atteindra Rosny-sous-Bois en 2022. Pour pallier un flux accru de voyageurs, à la station Pyrénées un nouvel accès et un escalier mécanique sont en cours de construction ; la station Jourdain sera dotée de deux escaliers et d’un couloir supplémentaires. Interrogés sur les conséquences pour eux des travaux, la plupart des riverains trouvent qu’ils sont certes pénibles, mais nécessaires.

André, 50 ans, garçon de café : « Ça nous fait de nouveaux clients »

« Les ouvriers qui font les travaux viennent manger et boire le café ici. Bon, la circulation a été impactée, et les travaux font du bruit. Mais de toute façon, il faut les faire, ces travaux ».

Jumab, 30 ans, propriétaire d’un kiosque à journaux : « On m’a coupé l’électricité ».

« Il y a 3 mois, on m’a dit que le kiosque allait être déplacé sur le trottoir d’en face. On m’a coupé l’électricité, et depuis, plus d’informations. Le déplacement du kiosque ne se fera peut-être pas avant un an. Comment faire quand il fait froid ou sombre ? »

Paulette, 83 ans, retraitée : « C’est très ennuyeux quand même ! »

« Il faut faire tout un tour pour prendre le bus. Ces travaux durent longtemps, c’est très ennuyeux quand même. Et puis, quand mon fils vient, il n’y a plus de places de stationnement. »

Gérome (sic), chef opérateur : «Le sens unique, c’est le bordel… mais dans ma rue, ça réduit la nuisance sonore  »

« Le bus ne va plus que dans un seul sens, c’est le bordel, et pour aller à la piscine avec les enfants, c’est compliqué. Mais on habite dans la rue de Jourdain, où les voitures ne circulent plus que dans un sens, et ça c’est bien, parce qu’il y a moins de bruit. »

Katia, responsable des ventes à la pâtisserie de la place Jourdain : « Je suis excédée »

« J’habite au-dessus de la boutique. je suis dans le bruit de 7 heures à 21 heures. Les livraisons ont lieu le mardi, la voie est bloquée, ça klaxonne tout le temps. A cause de la poussière, on a beaucoup plus de travail alors que les ventes baissent. Ça dure depuis trop longtemps. je suis excédée. »

 

Les habitants du « village Jourdain » trouvent bien que la banlieue soit rattachée à Paris par le métro.

Le « village Jourdain » en faveur du Grand Paris

La gentrification du « village Jourdain », dans le XXe arrondissement, va bon train depuis les années 2000. Le rapprochement avec la banlieue qui résultera du prolongement de la ligne 11 n’est pas pour déplaire à celles et ceux qui habitent ces hauteurs de Belleville depuis plus longtemps. En dépit des nuisances liées aux travaux de modernisation de la station Jourdain.

Rue de Palestine dans le XXe à Paris : on aperçoit la grue qui fait face à l'église Jourdain depuis le début du chantier de rénovation.

Rue de Palestine dans le XXe à Paris : on aperçoit la grue qui fait face à l’église Saint Jean-Baptiste de Belleville depuis le début du chantier de rénovation de la station de métro.  Crédit photo : Jeanne Menjoulet, février 2018.

Le long nez métallique d’une grue flanquée de bétonnières défigure la place Jourdain. Commencés en janvier 2018, les travaux de modernisation de la station de métro dureront au moins jusqu’en 2020. Seuls quelques-uns des riverains interrogés savent que ce sont deux escaliers et un couloir supplémentaires qui sont en train d’être construits. Mais aucun n’ignore que ce chantier s’insère dans celui du prolongement de la ligne 11 jusqu’à Rosny-sous-Bois et qu’il s’agit par là d’amarrer plus solidement la banlieue à Paris.

« On est trop contents ! »

« C’est parfait pour nous », sourit Nicole, une ex-directrice financière de 73 ans qui attend le bus place des Grandes-Rigoles, sandwich à la main : « On a nos petits-enfants à Noisy-le-Grand, on est trop contents ! »

Sur le chantier, cependant, calme plat. Pour Katia, la propriétaire de la patisserie à laquelle les palissades font de l’ombre, c’est un jour de répit. Dans le quartier, ce sont les commerçants qui sont le plus au fait de la teneur et de la durée des travaux. Le « chargé d’information de proximité » de la RATP les a bichonnés, convient la responsable de la boutique Première Pression Provence. Il est plusieurs fois passé leur prendre leur pouls, à défaut de pouvoir leur éviter le bruit et la poussière des travaux, les mettant en mesure d’informer à leur tour ceux de leurs clients que les bétonnières ne rebutent pas.

Travaux Station Jourdain Métro Ligne 11 Paris

Le prolongement de la ligne 11 contraint à rénover la station Jourdain. La construction de deux escaliers et d’un couloir destinés à répondre à une fréquentation accrue de la station a commencé en janvier 2018.  Les travaux devraient durer deux ans. Crédit photo : Chabe01, photo prise le 29 mars 2018.

« Ils se sont tous mis au bio »

Jusqu’à l’orée du XXIe siècle, le quartier était populaire et métissé. Ces dernières décennies, il s’est beaucoup embourgeoisé, et il a rajeuni. « Une population dans l’air du temps, plus fun », a fait son apparition, constate Elsa, la vendeuse enjouée de l’épicerie « 100 % bio vrac ». « Ils se sont tous mis au bio », ajoute-t-elle dans un sourire et en esquissant un pas de côté. Il n’empêche, elle qui vit ici depuis 18 ans, elle regrette les discussions à bâtons rompus dans les « troquets » d’avant boboïsation. Et le prolongement de la ligne 11 ? Ne risque-t-il pas d’emporter ce qui reste de ce «petit cachet du vieux Paris » auquel elle est attachée ?

Fleurs de béton Paris XXe par Jeanne Menjoulet

Le village Jourdain propose à une clientèle de plus en plus bobo des cafés rénovés, des boutiques de décoration et de vêtements branchées, des librairies bien achalandées, des épiceries fines et des magasins bio. Crédit photo : Jeanne Menjoulet, album Paris XXe.

« Depuis qu’il y a les travaux, je ne prends plus le métro à Jourdain, la place est trop encombrée, c’est trop bruyant », avoue Elsa. Elle trouve bien, cependant, que la ligne soit prolongée. Ce n’est le cas de Grégoire, le serveur queer du café-restaurant branché Le Zéphy, peste contre les travaux. Toutefois, nuance-t-il, « ils sont peut-être nécessaires ». Oury est plus sceptique encore. Ce jeune maître de conférences en histoire, qui vit dans le quartier depuis quelques années, juge que les escaliers et le couloir en cours de construction ne remédieront pas à l’augmentation du nombre de voyageurs à la station Jourdain puisque aucune sortie supplémentaire n’est prévue. Tout au contraire, Olivier, qui tient salon dans la spacieuse librairie d’occasion La Cartouche, se dit ravi, pour la même raison que Pierre, vendeur à la librairie L’Atelier, juste en face : « Ça va permettre aux banlieues de venir au centre. » Omar, enfin, commerçant retraité qui vit ici depuis 30 ans, y décèle quant à lui une autre opportunité : celle de quitter pour la banlieue un quartier où les prix ne cessent de grimper.

Le salutaire travail des vers de terre à la ferme de la REcyclerie

Située porte de Clignancourt, la ferme de la REcyclerie est un lieu emblématique de l’agriculture urbaine et de la préservation de la biodiversité, à l’honneur les 22 et 23 septembre dans le cadre de la 22e fête des jardins de la capitale organisée par la mairie de Paris.

Sur la voie ferrée désaffectée de la Petite Couronne, verdoient et s’enchevêtrent des « mauvaises herbes » et des lierres qui concourent à la dépollution de l’air et à la biodiversité. Le long de cette voie, ses talus et les anciens quais de la gare d’Ornano sont désormais dédiés à la permaculture. Les plantes mellifères sur le toit végétalisé de l’ancienne consigne, les 150 m2 du potager et les 140 m2 de la serre bénéficient d’un système d’arrosage goutte à goutte. Pour que la terre reste humide, on la couvre de paille et de grains de pouzzolane, une roche volcanique poreuse. Les « phytos », pesticides et engrais chimiques, sont proscrits. Ils « tuent la vie », explique Cécile, une férue d’écologie qui, à 47 ans, fait un stage ici. Il faut que l’on soit réduit à la dernière nécessité pour que l’on recoure au savon noir dilué dans de l’eau tiède, un insecticide biodégradable.

La bonne nouvelle

Il a fallu 2 ans pour assainir le sol de la ferme, située à 350 m du périphérique. « La bonne nouvelle, observe Cécile, c’est que l’on peut remettre en état un sol. » Pour cela, il faut, entre autres opérations complexes, des vers qui aèrent et fertilisent la terre.

Le sol du potager est désormais l’un des plus riches en lombrics de Paris. Des riverain·es versent dans le « lombricomposteur » des déchets triés sur le volet, que le « travail des vers de terre » transforme en compost. Ce compost, et le « jus de vers » qui s’en écoule, servent d’engrais pour le potager et la serre.

Les trous ne changent pas le goût

Mais les trous dans les feuilles de menthe poivrée ? « Ils ne modifient pas leurs qualités nutritionnelle et gustative », et chaque matin, deux canards font la chasse à la limace. Les feuilles racornies qui déparent les guirlandes de courges serpentant dans la serre et le potager ? « ça ne dérange pas le fruit », répond Olivier qui, à 26 ans, coordonne la ferme urbaine. Décontracté, en bermuda et tee-shirt vert amande – ça ne s’invente pas –, ce salarié de l’association des Amis recycleurs, convient qu’en dépit de son master en étude de sol à AgroParisTech, il a « surtout appris sur le terrain » ; au milieu des 170 plantes dont il prend soin avec un agriculteur, des bénévoles de l’association et des stagiaires.

Dakary se réjouit

« C’est une bonne initiative », juge Dakary, un grand gaillard posé de 40 ans, d’ascendance africaine, mais né dans le quartier. « Jusqu’à ce que je travaille devant la REcyclerie, je passais à côté sans même me demander ce que c’était ». À présent, il se réjouit de savoir qu’« il y a des ruches au-dessus de nos têtes », sur le toit végétalisé. Il va emmener ses ami·es et sa famille, après le travail, dans « ce petit bout de campagne ».

Le vote du budget participatif, clôturé à la fin de la fête des jardins, nous dira jusqu’à quel point les Parisien·nes ont, sinon la main, du moins le cœur vert.

Sylvia Duverger

 

3145 intertitres compris

Exo B/K Sylvia

Titre 1 : Booba et Kaaris au banc des accusés (39)

 

Légende 1 : Booba et sa casquette, à gauche et Kaaris et ses lunettes, à droite/ crédit AFP/ Dominique Faget

Chapô : Booba et Kaaris, comparaîtront jeudi au tribunal. Les deux ennemis jurés du rap français pourraient écoper de dix ans d’emprisonnement à la suite de leur clash à Orly, le 1er août dernier. moins de 200

Intertitre 1 : Une haine sans rémission

Titre 2 : Rififi à Orly

ou A Orly, des vols retardés, une boutique duty free pillée 57

Titre 3 : Les tourtereaux ont failli ne pas s’envoler

Chapô : Parmi les vols différés par le clash des rappeurs, celui de Nezha et Romain, en partance pour convoler au Portugal 139

Légende 3 : Romain et Nezha tout sourire à l’arrivée·

Tout est à voir, à boire et à manger à la REcyclerie

Le potager de la REcyclerie fait partie des hauts lieux de l’agriculture urbaine, mise à l’honneur les 22 et 23 septembre dans le cadre de la 22e fête des jardins métropolitains organisée par la mairie de Paris. On vous y emmène.

Même en semaine, et en pleine après-midi, la REcyclerie est un lieu grouillant de vie. On y vient pour prendre un verre et discuter avec des comparses – sous un regard complice, une jeune femme s’exaspère des commentaires « crétins » que lui a fait récemment un « mangeur de boudins ». À hauteur de toit végétalisé aux senteurs de plantes mellifères – Volkan y élève des abeilles -, on révise ou on lit sur des canapés rapiécés aux douces teintes pastels : le 18e est un quartier étudiant.  Clémence, 25 ans, navigue sur Internet à la recherche d’un emploi. Elle vit pas loin, ne dispose pas d’une « chambre à soi », or « le café est à un euro, et on peut rester autant qu’on veut ».

Dans ce « Tiers-Lieu », précise Martin Liot, son chef d’orchestre, l’économie – le bar et le restaurant – est au service de l’écologie – la ferme. Il n’y a rien, ou presque, qui, ici, ne retrouve vie. Ponctuant les murs patinés du restaurant et les planches de bois recyclés du bar poussent des herbes aromatiques et des plantes grasses, tandis que le long de miroirs qui n’en sont pas à leur première réflexion, des lierres ruissellent de vert et tamisent la lumière. La végétalisation va bien au teint et assainit l’air de cet ancien hall de gare, transformé en en 2014 en bar-restaurant-atelier-ferme éco-responsable. Ça sent le gâteau fraîchement sorti du four, avec, peut-être, un zeste de ces fleurs comestibles parsemées sur les assiettes, qui viennent tout droit du potager, en contrebas.

On accède à la ferme, le « cœur vert de la REcyclerie », par un étroit escalier en fer, en dessous duquel pataugent dans un enclos boueux deux canards qui se reposent de leur chasse matinale à la limace, et des poules qui transforment en oeufs une partie des déchets organiques récoltés au restaurant ou par les riverain·es.

Sur le potager ombragé de 150 m2  et la serre de 140 m2, qui fleure bon le plan de tomates, le fraisier et la menthe poivrée, veille Olivier, 26 ans, bermuda et tee-shirt verts clairs. En dépit de son master en étude de sol à AgroParisTech, ce jeune salarié de l’association Les Amis Recycleurs, convient qu’il a surtout appris sur le terrain ; au milieu des quelque 170 plantes cultivées dans un sol enrichi grâce au « travail des vers de terre ». Ils métamorphosent les déchets organiques en compost et produisent ce « jus de vers » mis en bouteille et utilisé ici. Rien ne se perd, mais la ferme n’approvisionne qu’en partie les cuisines du haut, victimes de leur succès.