Roman Cieslewicz, l’aiguilleur de rétine

RC_Zoom_1971

Collage centré, une des deux versions de l’œil cyclope (accompagné de la phrase « Zoom contre la pollution de lœil ») pour le lancement de la revue Zoom, 1971.

Ainsi se définissait Cieslewicz, venu en France en 1963 voir « comment [ses] affiches résisteraient à la lumière des néons de l’Occident. [Il] rêvait de Paris »…

A l’aune de la rétrospective que vient de lui consacrer le Musée des arts déco (Roman Cieslewicz, La fabrique des images, 3 mai-23 septembre), le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles ont bien résisté !
Et pour nous, apprentis graphistes, quelles leçons (oui, il n’y  en a pas qu’une) !
A cause notamment de sa collaboration avec Beaubourg, son nom ne m’était pas inconnu, mais son travail commence bien avant 1978 et se poursuit encore treize ans au-delà de 1983.
Au fil de l’expo du MAD, à bien regarder les affiches culturelles, publicitaires, politiques ; les unes de journaux ; les couv. de mag., de livres ; les collages, centrés, répétitifs ; les photomontages  (quelques exemples dans le pdf joint Visuels_Roman_Cieslewicz), les voix de Martine et d’Arnaud se sont mises à résonner en écho, essayant de nous faire comprendre ce qu’est le métier de graphiste : l’importance du principe, de l’idée, du jeu et non du je, de la simplicité qui rend efficace le message ; la place de la typo ; l’essence du rapport texte-image, de complémentarité et non redondance ; la nécessité d’oser, voire de choquer ; l’engagement dans son travail… l’œuvre de Cieslewicz est une excellente démonstration de tout cela.
Ses outils ? Ciseaux, colle, papier, photocopieuse et appareil photo (eh oui,  il n’a pas eu besoin d’attendre la dernière fonctionnalité de Photoshop pour être percutant ! ). C’est un peu pareil pour nous dans notre atelier noir et blanc du jeudi, du moins, côté matériel !
Il y a aussi les boîtes, par couleur (noir, blanc, rouge notamment),  par thème (le cercle, la main, la Joconde, le Che…), qui m’ont rappelé nos petits classements pour l’exercice de papiers déchirés et m’ont fait sourire parce que, soudainement, ma manie de conserver des bouts de papiers de toutes sortes, avec l’idée que cela me servira peut-être un jour, ne m’a plus tout à fait semblé pathologique. Enfin, reste encore à en faire quelque chose !

 

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