Survivre à tout : le guide pratique

Après les attentats du 13 novembre, les Français cherchent à se rassurer. Par exemple, en achetant une arme ou en s’inscrivant à un stage de survie. Petit tour d’horizon des options disponibles.

survivaliste
Affiche du film « Welcome to the Jungle » (2013) de Rob Meltzer.

Comment gérer ce sentiment d’impuissance, de peur, lorsqu’il faut agir en situation de crise ? Les Français l’ont compris : il faut se préparer. Il existe un large éventail d’offres, avec divers degrés d’implication.

Les formations aux premiers secours dispensées par La Croix Rouge sont prises d’assaut depuis les attentats, et les pompiers mettront en place une formation équivalente à compter de janvier 2016.

Certains préfèrent une stratégie plus musclée : les armureries et les stands de tir sont très sollicités. « C’est pareil après chaque attentat », confirme Julien, armurier à Lyon. Les forces de l’ordre font des réserves de munitions, les tireurs sportifs s’équipent de nouvelles armes (de guerre) et les particuliers s’équipent de pistolets à blanc, de bombes lacrymogènes ou de poudre noire – l’ancienne arme utilisée par les cowboys. Tout le matériel disponible sans licence. Certains stands de tir affichent des listes d’attentes de plusieurs dizaines de postulants.

Se préparer à toutes, vraiment toutes les catastrophes, même les plus improbables…

Outre l’armement certains survivalistes optent pour une préparation très poussée. Ces adeptes de l’autonomie à tout prix envisagent le manque d’eau, d’énergie, de vivres, le combat, etc. Ils se rapprochent sur ce point d’une autre catégorie de preppers (ceux qui se préparent), plus loufoque mais non moins sérieusement préparée : les chasseurs de zombies.

Zombie walk 2010 à Paris
« Zombie walk » 2010. Marche annuelle de zombies à travers les rues de Paris.

« Les zombies sont symboliques. Ils représentent la violence de la société, sans cerveau ni émotion », explique Fred Cuvelier, formateur. Sa société, Survivor Attitude, propose des stages de survie orientés nature, combat, milieu urbain ou tout à la fois. « D’où vient le feu ? Où aller ? Comment me protéger ? Où trouver de l’eau ou de quoi se nourrir ? » L’ancien militaire transmet ce savoir avec passion. Les demandes de stage ont été multipliées par trois depuis les attentats. Les candidats n’ont pas de profil particulier, ce sont des médecins, des avocats, des familles.

David Manise, lui aussi formateur, reçoit beaucoup de demandes pour des stages « attentats », mais préfère ne pas y répondre pour l’instant. Il relativise : « Les gens agissent par peur, sans véritable analyse du risque. Il y a davantage de risques en France, aujourd’hui, d’être victime d’un accident de la route ou d’un infarctus que d’une attaque terroriste. Le risque réel n’est pas significatif, le stage servirait juste à les rassurer. »

C’est bien ce que cherchent les Français aujourd’hui : se rassurer. Ce que l’on peut apprendre dans ces stages y contribuera sans aucun doute. Mais en attendant de progresser dans les listes d’attente, pourquoi ne pas commencer par la lecture du Manuel des Castors juniors ? Moins onéreux, sans obligation d’avaler des insectes, de simples ouvrages (il en existe pour adultes également !) peuvent vous renseigner, dans une moindre mesure certes, mais depuis votre canapé.

Rédacteur : Émilie Dehu