Marine Le Pen, dernier appel avant le second tour

Jeudi 10 décembre, Marine Le Pen a donné un dernier grand meeting salle Wagram à Paris. Entourée de ses têtes de liste, la présidente du Front national a fustigé ses adversaires et tenté de convaincre les abstentionnistes. Selon le Front national, un millier de sympathisants étaient présents.

France,Paris,le 10/12/2015:Meeting du front national à la salle wagram.
Paris, jeudi 10 décembre 2015. Marine Le Pen, présidente du Front national, a donné un meeting, salle Wagram, à Paris. Selon le parti, un millier de militants sont venus la soutenir.

« Ils veulent abattre Marine, le symbole » lancent les frères Stiller, 48 ans. Appelés « les jumeaux du FN » à Ris-Orangis, ils attendent à l’entrée de la salle. Sur les résultats du second tour, ils ont du mal à se prononcer : « Difficile à dire, tout le système se met contre nous, même les journalistes. »

Sur scène, place à l’union. Marion Maréchal-Le Pen, Florian Philippot et Nicolas Bay sont les plus applaudis. À trois jours du second tour des régionales, la plupart des autres candidats ont répondu présent. Wallerand de Saint-Just, tête de liste en Île-de-France, chauffe la salle en évoquant les « clivages de la gauche, qui appelle à voter contre son parti ». Il cite aussi l’Union des démocrates et indépendants (UDI) qui « veut légaliser le cannabis », l’héritage sarkozyste « difficile à assumer » et « la fausse droite ».

« Un suicide collectif de la secte de Solférino »

Drapeaux tricolores, tonnerre d’applaudissements. Elle est là. « Marine présidente ! » clame la salle. « Dimanche, notre peuple, celui que les élites méprisent, le peuple de France, a ébranlé l’oligarchie. Dans le sud, le PS est KO », attaque Marine Le Pen. Pendant une demi-heure, elle dénonce les « manipulations politiques » et appelle « le peuple ignoré » à voter Front national. La candidate s’en prend au Parti socialiste (PS) qui subit « une défaite historique », ainsi qu’à Manuel Valls, le « directeur de campagne de l’UMP ». Les retraits de liste du PS, qui compromettent sa victoire, sont pour elle « un suicide collectif de la secte de Solférino », qu’elle compare au « Radeau de la Méduse, où les naufragés se sont livrés au cannibalisme ».

France,Paris,le 10/12/2015:Meeting du front national à la salle wagram.
Paris, jeudi 10 décembre 2015. Le discours de la présidente du Front national, Marine Le Pen, a été salué par des drapeaux tricolores.

Aucun de ses adversaires n’y échappe. Sarkozy est « inaudible », Gattaz un « auguste représentant du patronat », Dany Boon [l’acteur avait appelé à voter contre le FN, NDLR] « un millionnaire en K-Way expatrié », et Manuel Valls « bafoue les principes de la République ».

Pas de chasse aux sorcières dans les régions

Marine Le Pen dénonce le « jeu de dupes » de l’UMPS ou « LRPS, l’herpès, je n’en veux pas pour la France ». « C’est excellent », commente un militant. La candidate use de l’ironie pour accuser un « pilonnage médiatique, une campagne d’État orchestrée depuis les palais de la République. Elle ajoute : « Certains suggèrent même que le Front national serait un fléau comparable à Daech ou au réchauffement climatique ! »

Annoncée perdante dans les récents sondages, « méthodes de basse propagande » selon elle, la candidate frontiste appelle les abstentionnistes à se déplacer dimanche. « Il ne tient qu’à eux, par leur vote, d’amener un changement qu’ils ont tant espéré. Il n’y aura pas dans les régions de chasse aux sorcières, rassure-t-elle. Même s’il reste un second tour et que rien n’est acquis, le mouvement de basculement est enclenché ». Elle clôt avec un « Aux urnes citoyens ! », suivi de « Vive le Front national, vive la France et bon anniversaire Marion ! » Sa nièce fête ses 26 ans.

On entonne la Marseillaise, et on rentre chez soi « en espérant que ça passe ». « Elle a fait le maximum », commente une femme d’une cinquantaine d’années. Jean Félix, militant depuis trente ans, est sous le charme : « C’est un ange », dit-il.

Rédacteur : Sevin Sahin – Photographe : Gaël Cloarec