Le Brésil en eaux troubles

Luana Adriano Araújo représente la délégation brésilienne dans les négociations de la COP21. Venue au Bourget discuter des changements climatiques, elle prend la parole sur le problème de l’eau qui touche certaines régions du Brésil.

Luana Adriano Araujo, militante au sein de l'association Verdeluz, fait partie de la délégation brésilienne en tant que Party Overflow.
Luana Adriano Araujo, militante au sein de l’association Verde Luz, fait partie de la délégation brésilienne à la COP21, au Bourget.

« Nous souffrons d’une sécheresse permanente. La destruction de la forêt amazonienne en est une des causes. Au-delà des problèmes climatiques, il faut pointer la gestion de la ressource en eau. Il s’agit avant tout d’une crise démocratique.

À São Paulo, on a construit un canal pour détourner le rio Paraná, deuxième plus grand fleuve d’Amérique du Sud, jusqu’à la Sabesp, la compagnie semi-publique qui gère la distribution et le traitement de l’eau. L’eau est privatisée. Au nom de quoi ? Par crainte d’émeutes, le gouvernement a mobilisé l’armée devant le site de l’entreprise.

Le cas de São Paulo nécessite une prise de conscience sur le changement climatique. Les décisions politiques manquent de pertinence. Là où la Sabesp n’opère pas, l’eau a déjà été rationnée. Nous avons besoin d’être mieux représentés par nos élus. S’ils nous soutiennent, la population retrouvera une certaine sérénité.

Changeons le système, pas le climat

Au Brésil, et plus particulièrement dans la région de Ceará, sur la côte nord-est du pays, le taux de natalité est de 6 %. Plusieurs études montrent que l’augmentation des vagues de chaleur a un impact réel sur la fécondité. Cette région subit déjà les effets du changement climatique. En 4 ans, les capacités de ses réserves d’eau sont passées de 88 % à 13 %.

Changeons le système, pas le climat : c’est une devise brésilienne. Nous devons changer nos modes de vie et nos habitudes de consommation, en matière d’énergie notamment. Nous devons nous poser cette question de manière globale, prendre conscience que nous ne faisons qu’un. Une partie de la société civile l’a compris. Reste à nos dirigeants d’agir en conséquence. »

Rédacteur : Mathieu Rault – Photographe : Mathieu Thomasset