Du bio sur une ancienne base aérienne

La communauté d’agglomérations du Val d’Orge (Essonne) a racheté, le 4 décembre 2015, 300 hectares de l’ancienne base aérienne de Brétigny-sur-Orge pour 1 euro. Le projet écologique tranche avec la politique locale en matière d’énergie fossile.

Vue aérienne de la base aérienne BA217 de Brétigny-su-Orge
Le site de la base aérienne de Brétigny-sur-Orge, sur lequel le val d’Orge compte développer des activités économiques génératrices d’emplois pour les Valdorgiens.

Depuis le 4 décembre, la communauté d’agglomérations du Val d’Orge (Essonne) est propriétaire de terrains situés sur l’ancienne base aérienne de Brétigny-sur-Orge, qui appartenait au ministère de la Défense. Sur les 300 hectares, 70 seront consacrés à l’agriculture biologique.

Un enjeu écologique et économique 

Après des mois d’incertitudes, Sylvain Tanguy, maire du Plessis-Pâté, se félicite : « On a signé vendredi. » Il s’agit de développer sur cette réserve foncière une activité agricole totalement bio : agriculture, maraîchage, élevage, en privilégiant la vente directe aux consommateurs. L’objectif est de bénéficier de « solutions de proximité, d’un circuit court et vertueux ». Une volonté pour lui d’améliorer « l’autosuffisance alimentaire de nos concitoyens ». Afin de favoriser le rapprochement entre lieux de vie et d’activité professionnelle, des logements pour les agriculteurs sont aussi prévus.

« C’est un beau projet, j’ai hâte. Cela pourrait nous permettre de bénéficier de ressources pour nos achats, poursuit-il, pour les cantines, par exemple ». Il espère pouvoir démarrer en 2017. Pour lui, une chose est certaine, il ne souhaite pas que son projet soit « un Disneyland agriculture ».

Sylvain Tanguy explique : « Nous devons établir le jury qui devra sélectionner les cinq ou six agriculteurs, porteurs de projets. Parallèlement, nous sommes en train de nous mettre d’accord sur le captage de la ressource en eau, dont il faut aussi assurer la pérennité. Nous prévoyons des puits et des réserves aériennes sous forme de bassin. »

L’emprise de 300 hectares devrait accueillir au sud un pôle dédié à la recherche et à l’innovation – recherche agronomique, recherche biomédicale, innovation et développement –, et au nord un projet à vocation économique d’envergure régionale. À la clé, des milliers d’emplois.

Les limites de l’exemplarité

Paradoxalement, à quelques kilomètres, la société Vermilion produit plus de 2.000 barils de pétrole par jour et ne compte pas s’arrêter là. En Essonne, les forages ont débuté dans la seconde partie des années 1980, et se sont poursuivis jusqu’au début des années 1990. Propriétaire de ces champs depuis 2012, la société détient 9 plates-formes, 26 puits et un centre de traitement. Premier producteur de pétrole en France, Vermilion est aussi spécialiste de l’extraction d’hydrocarbures non conventionnels au Canada.

Un projet de dix nouveaux puits et d’extension sur deux communes limitrophes de l’ancienne base militaire est en instance de décision par la préfecture. Ce projet soulève de vives inquiétudes parmi les anti-pétrole de schistes et de nombreux élus, même si aujourd’hui la Loi interdit cette méthode d’extraction.

En septembre dernier, Sylvain Tanguy n’avait pas hésité a interpeller le préfet : « À la veille de la COP21, il me semble anachronique et politiquement incompréhensible de poursuivre la prospection et l’extension de l’extraction pétrolière quelles que soient les méthodes ».

Rédacteur : Sylvie Sabathier – Photo : Google Maps