COP21, Pierre Ducret. Qu’est-ce qu’un bon accord ?

Réponse de Pierre Ducret, contrôleur général et conseiller Climat et COP21 pour le groupe de la Caisse des Dépôts et président du think tank I4CE, institut pour l’économie du climat.

Pierre Ducret
Pierre Ducret avant son intervention « Les entreprises sont-elles sincères ? » lors de la conférence organisée par Le Monde à l’espace Générations climat au Bourget.

« Un bon accord, ce n’est pas seulement un accord. C’est aussi une dynamique créée par toute une série d’événements et d’engagements à côté de la COP. C’est ce qu’a fait le Lima-Paris Action Agenda [l’agenda des solutions], une série de dynamiques non-étatiques, venant des collectivités locales, des entreprises et de la finance, comme dans les grandes villes du monde, souvent plus en avance que les pays dans lesquels elles se trouvent.

Un bon accord, c’est un accord ambitieux, qui ne pourra être atteint que par un mécanisme de révision régulier. On aura un dispositif de révision des engagements nationaux. La question est de savoir à quel moment commencer. Il faudrait un rendez-vous avant 2020.

Transparent, juste et universel

Un bon accord, c’est un système qui crée de la transparence sur les engagements nationaux. Ce sont les monitoring reporting verification (MRV), le dispositif de contrôle des émissions, mais aussi, idéalement, des politiques publiques engagées par les États.

Un bon accord, c’est un accord qui traite bien, en matière de justice, les besoins des pays les plus vulnérables. C’est-à-dire concentrer les moyens financiers suffisants pour leur permettre de s’adapter [au changement climatique, NDLR] et aussi de réparer les dommages.

Un bon accord, c’est un accord universel qui, un peu au-dessus du texte lui-même, change la vision du monde. C’est un accord qui permettrait la solidarité du Nord vers le Sud, mais qui fait aussi comprendre aux pays du Sud qu’ils ont leur part de responsabilité. Et qu’ils ont la capacité à adopter un modèle de développement qui n’aggrave pas les choses, en mobilisant aussi leurs ressources propres, qui sont loin d’être négligeables, même dans les pays pauvres. Ce n’est pas contraire à la justice de dire cela. »

Découvrez les réponses à cette question de Brice Lalonde, Ronan Dantec et Paul Watson.

Rédacteur : Rouguyata Sall – Photographe : Mathieu Thomasset