COP21. Pèlerins pour le climat

Des jeunes chantent autour de « l’arbre aux messages », où chacun peut écrire quelques mots aux participants de la COP21. Parmi eux, Louise, 23 ans, de Rouen et Rabbi, 37 ans, de Kinshasa. Ces deux chrétiens se sont rencontrés à Paris.

Danses et chants à l'espace Générations Climat le 9 décembre des membres du mouvement The People's Pilgrimage qui ont marché depuis Rome pour rejoindre Paris pour la COP 21.
À l’espace Générations climat de la COP21, le 9 décembre 2015. Les membres du mouvement The People’s Pilgrimage, en train de chanter.

Rabbi, parlez-nous de votre marche.

Rabbi : Nous sommes partis à pied le 30 septembre de Rome pour venir à la COP21, où nous sommes arrivés le 27 novembre. Nous étions vingt-cinq, des Asiatiques, des Américains, des Italiens, des Africains. Nous voulons montrer au monde qu’il faut faire face au changement climatique ensemble.

Louise : Ils ont eu besoin de beaucoup d’arnica ! L’avant-dernier jour, ils ont fait presque 60 kilomètres, en treize heures trente de marche non-stop.

D’où vient l’initiative du pèlerinage pour le climat ?

Rabbi : De Yeb Sano, un ancien ambassadeur des Philippines de la COP15 à la COP20. Il a lancé le jeûne pour le climat, puis le pèlerinage pour le climat.

Louise : En mai 2015, Yeb Sano a pris la tête de The People’s Pilgrimage, des marches pour le climat dans six pays d’Asie. Il est arrivé à Rome le 30 septembre.

Qu’est-ce que le jeûne pour le climat ?

Louise : En 2013, Yeb Sano représentait les Philippines à la COP19. Il a jeûné jusqu’à la fin de la COP, en solidarité avec les Philippins frappés par le cyclone Haiyan – sa ville natale, Tacloban, avait été dévastée – et tous les pays affectés par le changement climatique. Maintenant, on jeûne le premier jour de chaque mois.

Vous sentez-vous proches des Philippins ?

Louise : On est tous dans le même bateau. En ce sens, le changement climatique est à la fois une énorme menace et une énorme chance. On sera obligés de dépasser les frontières nationales et les vieilles rancunes. C’est quitte ou double, si on n’y arrive pas, des scientifiques disent déjà que ce sera l’extinction de l’espèce humaine.

Rédacteur : Rouguyata Sall - Photographe : Mathieu Thomasset