Alpha, un artiste engagé dans la « jungle »

En mars 2015, les camps et les squats de Calais sont évacués. Plusieurs hectares de terrain sont mis à disposition par la mairie. La « jungle » des migrants se déplace. Alpha est le premier à s’y installer.

Portrait d'Alpha, réfugié Mauritanien qui a quitté son pays depuis 10 ans. Mercredi 9 décembre à la Jungle de Calais
Portrait d’Alpha, réfugié mauritanien qui a quitté son pays depuis 10 ans. Mercredi 9 décembre à la « jungle » de Calais

« Je viens d’un petit village qui s’appelle Tékane en Mauritanie ». Son pays, Alpha l’a quitté il y a dix ans. Passé au Sénégal voisin, il a ensuite vécu six ans en Grèce puis en Turquie. Il est en France depuis huit mois. Alpha est le premier à s’installer en mars 2015 dans la nouvelle « jungle » de Calais. Il a construit seul sa petite « maison bleue sur la colline ».

« Je suis très COP21 », glisse-t-il dans un sourire. Tout se récupère, tout devient art. Il vient d’exposer à Lille. Et il exposera à nouveau entre le 17 et le 20 décembre prochains. À l’occasion de la Journée internationale des migrants, le collectif ART in Jungle donne rendez-vous à l’école – qu’Alpha a créée – pour le départ d’un parcours artistique.

Alpha a fait une demande d’asile pour rester en France mais, pour lui, ça ne fait pas de doute : « Je n’aurai pas de titre de séjour, ils préfèrent les gens qui ne parlent pas français et qui ne réfléchissent pas. »

Instagram du collectif ART in Jungle

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Rédacteur : Raphaële Kipen – Photographe : Vincent Rispe