COP 21. Les Philippins luttent pour leur survie

Au pavillon des populations autochtones de la COP21, des représentants de différentes communautés élus par leurs peuples viennent les représenter. Chacun se reconnaît dans les histoires racontées par les uns et les autres.

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Le Bourget, le 9 décembre 2015. Dulphing Ogan, observateur à la COP21, en charge des populations autochtones des Philippines.

Dulphing Ogan est observateur à la COP21, en charge des populations autochtones des Philippines. Colliers de perles colorées de l’île de Mindanao autour du cou, il arbore un képi bariolé, symbole d’autorité dans la société philippine. Il souhaite que les populations autochtones fassent partie de l’accord final, et ne soient pas seulement citées en préambule du texte final : « Les gouvernements devraient reconnaître le rôle de ces populations à long terme, dans la lutte pour la protection de l’environnement. »

Mais il faut être écouté. S’il reconnaît que le gouvernement des Philippines soutient le protocole présenté à Paris, Ogan reste prudent : « Nous espérons qu’ils ne changent pas d’avis d’ici à la décision finale de vendredi. »

Stopper une vague meurtrière

La situation dans le pays est très préoccupante, en particulier sur l’île de Mindanao, la deuxième île la plus importante de l’archipel par sa superficie et sa population. « Nous devons faire face à des situations d’urgence en matière de droits humains. L’armée procède à des exécutions sommaires de membres des communautés indigènes dans les campagnes. »

« Il est triste de constater que des gens qui luttent pour l’environnement sont tués par leur propre gouvernement, pour des raisons politiques mais aussi économiques », explique Dulphing Ogan, en désignant une affiche placardée sur un mur d’enceinte qui incite à stopper le massacre des peuples tribaux. Stopper cette vague meurtrière, c’est aussi son but.

Pour trouver des solutions, il compte sur la coopération avec d’autres communautés indigènes. « Nous souhaitons tous que les gouvernements s’engagent ici à Paris, pour le climat, mais aussi pour nous, populations en voie de disparition. »

Rédacteur et photographe : Mathieu Rault