Le yoga pour prévenir le burn-out chez les militants

Dans le cadre de la Zone d’action climat (ZAC), un cours de yoga un peu spécial s’est déroulé au Centquatre-Paris mercredi 9 décembre . Le maître yogi Govind Radhakrishnan proposait d’« aiguiser le corps et l’esprit des militants ».

Séance de Santhi Yoga de Govind Radhakrishnan au Centquatre-Paris 09-12-2015
Govind Radhakrishnan a dispensé une séance de yoga à des militants, dans le cadre de la Zone d’action climat (ZAC) au Centquatre-Paris, mercredi 9 décembre 2015.

Le Centquatre-Paris sort doucement de sa torpeur. Il est 9 heures et les organisateurs, encore ensommeillés, indiquent aux premiers militants la salle du cours de yoga « spécial ». Govind Radhakrishnan les y attend. D’origine indienne, l’homme dégage un sentiment de sérénité.

Il vit au Danemark, où il donne avec sa femme des cours de yoga « classique ». Issu d’une famille de militants,« activiste » depuis 18 ans, il connaît bien le stress lié à l’engagement, qui a touché un de ses proches. Pour aider les bénévoles « à équilibrer leur climat intérieur », il a décidé de mettre en place des cours de yoga sur mesure. « Lorsque l’on est sous pression, il y a un point où notre système ne le supporte plus. Notre climat intérieur est alors très perturbé, et on risque un tremblement de terre ou une inondation. »

Un yoga qui aide à « continuer le combat pour le bien-être du monde »

Pour lutter contre ce déséquilibre, Govind Radhakrishnan « utilise des principes de yoga et d’ayurveda choisis, car les activistes ont des problèmes spécifiques : tensions du cou et des épaules, migraines, irritations, manque de patience, problèmes d’estomac ou de thyroïde… Se concentrer sur des outils pratiques leur permet d’évacuer leurs émotions et de continuer leur combat pour le bien-être du monde. »

Le maître yogi voyage à travers l’Europe pour partager ses méthodes d’équilibrage spirituel et physique. Il ne voulait pas manquer l’important rassemblement de la COP21 pour partager son message et sa pratique de prévention du burn-out chez les militants. « Les activistes sont le chemin principal pour ramener de l’humanité chez l’être humain », explique-t-il.

Séance de yoga de Govind Radhakrishnan au Centquatre-Paris, le 9 décembre 2015.
Des militants de diverses causes se concentrent pendant la séance de yoga menée par Govind Radhakrishnan au Centquatre-Paris, le 9 décembre 2015.

« Prendre soin de l’outil qu’est notre corps »

À 9h10, tous les tapis sont occupés et les militants studieux. À l’issue du cours, Fanny affirme que cette pratique est très importante : « Si l’on veut vraiment pratiquer un activisme durable, il faut prendre soin de l’outil qu’est notre corps. » C’est aussi l’avis de Jonas, d’origine vénézuélienne, qui milite pour la défense des animaux : « Je pratique le yoga depuis douze ans, mais je n’avais jamais assisté à ce type de cours. J’ai beaucoup aimé. Je milite pour le véganisme, je pense que la relation entre le corps et l’esprit est très importante. »

Selon Govind Radhakrishnan, c’est parce qu’ils sont très investis que les militants sont davantage touchés par le stress. « Parce que les choses ne se passent pas comme ils le souhaiteraient, ils peuvent sombrer dans la drogue, l’alcool, l’excès de nourriture ou de sexe pour oublier la réalité du monde. Si vous regardez dans toutes les grandes organisations à la recherche de ces symptômes, vous ne manquerez pas de les trouver. C’est un cercle vicieux. Mais si vous connaissez et appliquez les techniques pour vous rééquilibrer, vous pourrez continuer à militer avec une pleine compassion. »

Les prochaines séances de yoga dans les espaces Générations climat de la COP21 sont consultables sur le blog The Satyagrahi.

Rédacteur : Émilie Dehu – Photographe : Aude Petin