Régionales. Le soir de l’union de la gauche

Claude Bartolone avait lancé sa campagne des régionales à Créteil, au mois de juin. Il la clôt six mois plus tard au même endroit, accompagné cette fois de Pierre Laurent et d’Emmanuelle Cosse, pour garder la région à gauche.

Emmauelle Cosse (EELV), Claude Bartolone (PS), Pierre Laurent (Front de Gauche), Anne Hidalgo (Maire de Paris) - Meeting "La gauche et les écologistes rassemblés", Palais des sports, Créteil - 9 dec 2015
Emmanuelle Cosse, Claude Bartolone et  Pierre Laurent réunis à l’occasion du meeting « La gauche et les écologistes rassemblés », au Palais des sports à Créteil, le 9 décembre 2015.

Sur le trottoir, devant le Palais des sports illuminé pour Noël, ce mercredi 9 décembre à Créteil (Val-de-Marne), quelques groupes de militants attendent de pied ferme l’unité de la gauche. Claude Bartolone (PS), Emmanuelle Cosse (EELV) et Pierre Laurent (PCF) sont venus présenter leur projet commun pour rester à la tête de la région, face à Valérie Pécresse (LR), ce dimanche 13 décembre.

Edmond, 59 ans, de la section du PS de Dourdan (Essonne), réclame « un début de refondation de la gauche unie ». Sous son Borsalino, son visage se ferme quand il évoque les scores du Front national : « Si le FN passe, ces régions seront sacrifiées. »

Plus loin, Fabien Guillaud-Bataille, tête de liste communiste du Val-de-Marne, discute, téléphone à la main. Julien, 29 ans et Renata, 40 ans, sont venus le soutenir. Pour eux, l’élection de Valérie Pécresse serait une catastrophe : « Son projet de Grand Paris express aurait des répercussions désastreuses sur l’emploi et le logement. » Les enjeux régionaux de la campagne sont peu présents dans les discussions des militants, éclipsés par « l’ombre brune du Front national », comme la nommera dans son discours Claude Bartolone.

Culture et politique

À 21 heures, face à une salle remplie, la chanteuse lyrique Caroline Casadesus entame L’Hymne à l’amour d’Édith Piaf. Gérald Dahan imite Patrick Timsit qui imite Marine Le Pen qui imite Dalida et rencontre un certain succès. Le groupe de musique yiddish et tzigane Les Yeux noirs fait danser le premier rang : Cécile Duflot, Benoît Hamon, Christiane Taubira et Jean-Paul Huchon, notamment, venus soutenir « Barto ».

Pierre Laurent est le premier du trio de l’union à monter sur scène. Sobre et précis, il fustige Nicolas Sarkozy et réclame une « politique publique audacieuse ». Il rappelle que, dès lundi, « il faudra se dire les choses à gauche ». Sabri, 19 ans, est venu « pour voir ». Ce meeting commun est l’occasion  faire comprendre aux militants FN qu’ils sont dans un parti de fachos ». Il déplore l’abstentionnisme chez les jeunes dû à « la flemme d’aller voter ».

Vert et rose
Emmanuelle Cosse, chaussures rouges aux pieds, insiste sur les enjeux de la COP21 et le rôle de la Région. Christiane Taubira rencontre un grand succès auprès des militants. Jean-Vincent Placé, arrivé dès 20h30, ne sera jamais cité.

Claude Bartolone (PS) - Meeting "La gauche et les écologistes rassemblés", Palais des sports, Créteil - 9 dec 2015
Claude Bartolone conclura le meeting par un discours d’une heure, fustigeant la finance et la Manif pour tous.

L’intervention de Claude Bartolone clôt le meeting. Eva, Binti, Hawa, Leïla et Chiara sont venues de Pantin soutenir leur député. Hawa, 34 ans, est candidate à ses côtés sur la liste PS. L’union de la gauche ? L’une d’elles rappelle : « Bartolone voulait l’union dès le premier tour, mais les autres, eux, ne voulaient pas. »

En fin de meeting, Bartolone parle une heure durant : la droite, le FN, le vivre-ensemble, « l’égalité mais pas l’égalitarisme ». Il fustige la finance, la Manif pour tous, lance des « No pasarán ! » repris par la foule. Les cinq filles de Pantin sont ravies, l’une d’elles le trouve « meilleur que Valls ». Sabri, lui, ne reviendra pas : « C’est du business, la politique, je continuerai à aller voter, mais je ne m’engagerai pas. »

 

Rédacteur : Mathieu Quintard – Photographe : Riccardo Milani