COP21. Stuart Basden, gardien d’espoir

En marge de la COP21, la performance « Sortons les pétroliers de la culture ! » a rassemblé des citoyens engagés, mercredi 9 décembre, devant le Louvre. Stuart Basden est l’un d’entre eux.

Devant la pyramide du Louvre (Paris), le 9 décembre. Manifestation du groupe « Climate Guardian Angels. »

Vêtu d’un sweat-shirt fait d’un assemblage de multiples fragments de tissus (symbole d’une terre morcelée), Stuart Basden, 33 ans, le cheveu long, se tient derrière les barrières protégeant l’accès à la pyramide du Louvre. Dans une main, son parapluie noir. Un CRS tendu échange avec sa base : « On en a exfiltré une vingtaine. Il y a de nombreux individus qui correspondent à la cible. » À midi, la place fourmille de militaires, de CRS et de policiers en civil. Ils contrôlent les identités et fouillent les sacs de groupes de jeunes gens à l’allure de manifestants altermondialistes. Ces derniers sont raccompagnés de l’autre côté des barrières de sécurité. Nul doute que Stuart correspond au profil.

Une pyramide sous haute surveillance

 « Les policiers m’ont demandé de sortir de l’enceinte. Ils ne peuvent pas me reprocher une infraction, alors ils m’éloignent. » Stuart vit à Toronto, au Canada. Il est développeur de sites Web. Il se définit comme activiste climatique et préside l’association 350.org, un des mouvements organisateurs de l’action du jour : « Sortons les pétroliers de la culture ! » L’objectif, dénoncer le « blanchiment culturel » de Total et Eni. Les deux géants pétroliers « sponsorisent le Louvre dans le but de détourner l’attention de l’extraction continue des énergies fossiles et des abus contre les droits humains à travers le monde ».

12h30 : la performance commence dans l’enceinte interdite. En solidarité, Stuart ouvre son parapluie noir. Aussitôt, trois CRS l’encadrent et l’obligent à le replier. Tout se passe sans violence. « Ils disent que nous détruisons le processus de la COP », souffle-t-il amusé. Les porteurs de parapluie sont à leur tour évacués au-delà du périmètre de sécurité. Le spectacle se tient enfin, hors du cadre interdit. Sur chaque parapluie, une lettre du slogan Fossil Free Culture. L’un porte la traduction : « culture décarbonée ». Des anges aux ailes dépliées, portant de longues robes blanches et coiffés de couronnes de fleurs, chantent. Ils sont les gardiens du climat et expriment l’espoir.

Devant le Louvre à Paris, le 9 décembre. Manifestation du groupe Climate Guardian Angels
Le groupe « Climate Guardian Angels » devant le Louvre (Paris), mercredi 9 décembre.

Partager des instants d’humanité

Dans la foule des badauds, les langues se croisent. L’anglais rapproche les gens. Les conversations tournent autour du climat, mais aussi de l’accueil réservé aux réfugiés dans les contrées dont chacun est originaire. Ils sont là pour un monde meilleur, pour partager des instants d’humanité. Un groupe de cyclistes danois discute avec des marcheurs britanniques. Leurs vélos sont ornés de pancartes : Pedalling from Copenhagen to Paris, COOPRIDE for climate justice (Nous pédalons depuis Copenhague jusqu’à Paris, un trajet coopératif pour la justice climatique).

« Je rencontre beaucoup de gens créatifs qui travaillent à nous rendre un monde meilleur », s’extasie Stuart. Avant de partir, Stuart a « soldé son mariage » et laissé en garde son chat et son chien chez des amis. Il se rendra ensuite en Angleterre, en Allemagne et en Roumanie, à la rencontre d’autres activistes. Son périple durera cinq mois.

Rédacteur : Cécile Calaber – Photographe : Gaël Cloarec