Portrait d’une négociatrice africaine

Qu’est-ce qu’un négociateur à la COP21 ? Rencontre avec Sawsan Abdalla Ali, venue au Bourget pour représenter le Soudan.

Portrait de Sawsan Abdalla Ali, négociatrice pour le Soudan, à la COP 21, 8 décembre 2015.
Sawsan Abdalla Ali, négociatrice pour le Soudan à la COP 21, 8 décembre 2015.

« Un environnement propre, la sécurité alimentaire et une bonne éducation. » Tels sont les espoirs de Sawsan Abdalla Ali pour l’avenir des enfants du Soudan. À 50 ans, elle fait partie des négociateurs de ce petit pays d’Afrique de l’Est. « Depuis le démarrage de la COP21, nous discutons du soutien que pourraient nous apporter les pays développés. Nous insistons sur nos besoins financiers, pour l’aide à la formation et à la recherche. Par exemple, nous devrions pouvoir sélectionner les espèces de riz selon leur capacité à pousser dans nos conditions climatiques. »

Au Bourget, Sawsan Abdalla Ali est accompagnée d’une vingtaine de compatriotes. Ils étaient aussi à Lima, l’an dernier, pour préparer la COP21 et conclure cette semaine sur un accord. Mais selon elle, la délégation soudanaise est trop discrète : « Nous devrions être plus nombreux car nous manquons réellement de moyens. Nous souffrons d’insécurité alimentaire, du manque d’accès à l’eau potable et, parfois, des inondations. Nous avons aussi des réfugiés climatiques. Nos voisins d’Éthiopie et d’Érythrée viennent dans notre pays à cause de la sécheresse. »

« C’est injuste car nous aussi nous avons besoin de nous développer »

La déforestation reste l’une des inquiétudes principales de Sawsan Abdalla Ali. Cette ancienne employée du ministère de l’Agriculture et de l’Irrigation travaille maintenant pour la Forest National Corporation, une agence gouvernementale qui gère l’encadrement administratif des forêts soudanaises. Elle reproche aujourd’hui aux pays développés leurs exigences de réduction du réchauffement climatique et souhaite qu’ils s’engagent auprès des pays vulnérables. « Leur développement est achevé. Le nôtre est en cours, et nous devrions tout réduire ? Nous devrions émettre moins de gaz à effet de serre? C’est injuste. Car nous aussi, nous avons besoin de nous développer. »

Rédacteur : Rouguyata Sall – Photographe : Mathieu Thomasset