Paris. Des blocs d’iceberg devant le Panthéon

L’artiste Olafur Eliasson, un des maîtres de l’art contemporain, expose des morceaux d’iceberg venus du Groenland à Paris. Acheminée par bateau et camion, cette œuvre, qui dénonce la fonte de la banquise, a généré une forte empreinte carbone.

Paris, le 7 décembre 2015. Douze blocs de glace composent l’installation de l’artiste Olafur Eliasson, place du Panthéon.

Une dizaine de blocs de glace fondent sous la douceur des températures de ce mois de décembre, place du Panthéon, à Paris. Il s’agit d’une installation artistique. Disposés en cercle, douze morceaux d’iceberg symbolisent le cadran d’une horloge et l’urgence face au dérèglement climatique.

D.R. travaille pour la société chargée de faire le lien entre le studio de l’artiste et la Ville de Paris. Son discours enthousiaste est bien rodé : « L’installation Ice Watch [horloge de glace] vise à alerter l’opinion publique sur le réchauffement climatique. Son empreinte carbone, émise par son acheminement via des conteneurs maritimes réfrigérés, est estimée par l’artiste à 30 tonnes de CO2. » Soit l’équivalent de l’émission carbone d’un Français pendant trois ans d’après Pascale Céron, directrice du pôle information-communication de l’Agence régionale de l’environnement et des nouvelles énergies. « De toute façon, fabriquer cette glace aurait coûté très cher », poursuit D.R.

« C’est de la provocation »

Les badauds, eux, sont sceptiques et sévères. Pour Gilles, 44 ans, « c’est de la provocation. Mais c’est peut-être le but de l’artiste. » Pour Caroline, Esther et Floriane, étudiantes en deuxième année de droit : « Il y a sûrement d’autres moyens de dénoncer ce problème. Cette proposition est déplacée et pas du tout écologique. » Hélène, 65 ans, chimiste retraitée, est en colère : « Je suis scientifique, c’est déjà trop tard pour l’environnement. Cette installation, c’est juste pour faire plaisir aux Parisiens. »

Rédacteur : Anne – Photographe : Frédéric Pétry