Normandie : Hervé Morin tente de contrer le FN et la gauche

Leader de la liste UDI-LR en Normandie, Hervé Morin se félicite d’être l’un des quatre candidats de la droite à être arrivé en tête d’une région, même s’il est suivi de près par la gauche et que le FN ne le distance que de 2.200 électeurs. L’ancien ministre de la Défense était ce mardi 8 décembre en meeting à Vernon (Eure).

Hervé Morin, président de l'UDI et tête de liste UDI-LR pour la Normandie aux élections régionales, à la tribune pendant son meeting à Vernon (Eure) le 8 décembre 2015
Hervé Morin, tête de liste UDI-LR pour la Normandie en meeting à Vernon (Eure), le 8 décembre 2015.

 

La pluie n’a pas eu raison des 500 sympathisants de droite venus ce mardi soir salle Viking écouter leur candidat. L’heure est à l’identité régionale. À l’entrée, deux jeunes militants distribuent des drapeaux aux couleurs de la Normandie : deux lions sur fond rouge. Au son d’une musique stimulante, un chauffeur de salle appelle le candidat à monter sur scène : « Et enfin, vous l’avez mis en tête dimanche dernier… vous voulez lui donner la Normandie… Hervé… Morin ! » Les drapeaux s’agitent, les mains se lèvent, quelques embrassades entre voisins et des hourras. À la suite de ses colistiers et partisans, Hervé Morin prend la parole.

De nombreux conseillers des communes voisines sont venus le soutenir et trouver les arguments qui pourront convaincre les indécis : « Il nous reste une semaine pour, chaque jour, appeler cinq amis et leur donner envie d’aller voter. Et nous gagnerons ! », exhorte le leader centriste. Tous les militants en sont-ils convaincus ? Pas sûr.

Le FN balayé d’un revers de main

Hervé Morin ne cherche pas à brandir le FN comme un épouvantail. Il ne concède que quelques mots sur ce parti qu’il juge incapable de gouverner : « Vous les imaginez gérer une région comme la Normandie ? Laissons cela à une équipe de véritables professionnels que vous avez aujourd’hui devant vous. » Il poursuit : « J’étais en compagnie de la candidate FN en charge de la formation. La médiocrité et l’insignifiance de ses propos me faisait dire que si quelqu’un pouvait voir ça, il ne pourrait jamais mettre un bulletin FN dans l’urne. »

À Vernon, Hervé Morin totalise 35 % des voix contre 24 % pour le FN. Il explique en aparté que cet argument est moins utile qu’aux alentours de Caen, où « il a fallu convaincre les agriculteurs et les communes rurales, qui ont plus massivement donné leurs voix au parti frontiste ».

Coups portés à la gauche

Devant une salle toute acquise, il considère la gauche comme son seul adversaire, lui portant tous ses coups : mauvaise gestion, trop de dépenses, mauvaise attribution des fonds. Il déplore la faiblesse des aides accordées à l’agriculture et pointe les mauvais résultats en matière d’emploi : « Après des années de gouvernance à gauche, la Normandie compte 10 % de chômage de plus que la moyenne nationale. » Lorsque Morin leur pose la question :
« Voulez-vous encore de la gauche ? », la salle réagit par des huées.

Des sympathisants d'Hervé Morin, président de l'UDI et tête de liste UDI-LR pour la Normandie aux élections régionales, applaudissent son discours pendant un meeting à Vernon (Eure) le 8 décembre 2015.
Des sympathisants applaudissent le discours d’Hervé Morin pendant son meeting à Vernon (Eure), le 8 décembre 2015.

Fidèle aux fondamentaux de la droite, il axe ses propos autour des entreprises. Il promet la création d’une agence de financement pour favoriser l’investissement et des économies pour réduire la dette régionale.

Il donne aussi des arguments sur les points qui pourraient fâcher : pour justifier la fermeture du site militaire de Vernon, l’ancien ministre de la Défense évoque la rigueur budgétaire. L’auditoire, convaincu, applaudit.

Séances photos et tapes sur l’épaule clôturent la soirée. Les militants se disent contents, même si certains sourires restent crispés. Si la peur du FN n’apparaît pas dans le discours officiel, elle se manifeste chez certains militants : « On espère une défaite du FN. Mais quand on voit son score dans notre commune… », s’inquiète une conseillère municipale de Saint-Marcel, la ville voisine.

Rédacteur et photographe : Séverine Maublanc