COP21. La voix d’une agricultrice mexicaine

La Mexicaine Margarita Ruiz, agricultrice à San Andrés Larráinzar, dans l’État du Chiapas, est coordinatrice nationale de The Hunger Project, une association américaine dédiée à la lutte contre la faim dans le monde.

Margarita Ruiz, mexicaine, 8 décembre 2015 à la COP21 : « Les budgets ne sont jamais débloqués. »

Directement concernée par les changements climatiques en milieu rural, Margarita Ruiz est venue témoigner aux Espaces générations climat de la COP21. « Le rôle de la femme au sein des communautés rurales mexicaines est prépondérant », affirme-t-elle. Les agricultrices utilisent par exemple des toilettes écologiques pour lutter contre la contamination de l’eau. « Nous savons que nous en aurons besoin pour les récoltes. » Elles ont aussi créé des fours écologiques, pour économiser le bois.

Les femmes, « base de la famille », à l’origine de nombreux projets écologiques

Dans l’État d’Oaxaca, une région semi-aride du sud du pays, un système de réserves d’eau a été organisé. L’objectif est d’éviter de longues marches à la recherche de cette denrée rare. Avec le développement de l’agriculture familiale, les exploitants renoncent aux produits chimiques et favorisent les fertilisants écologiques. Tous ces projets sont à l’initiative des femmes. Pour Margarita, « c’est le plus important, car elles sont la base de la famille ».

Réunies au sein d’associations d’Amérique latine et centrale, les militantes ont rédigé leur propre agenda climatique, afin de témoigner des difficultés rencontrées dans les campagnes et d’apporter des propositions concrètes face au changement climatique.

Concernant l’issue de la COP21, Margarita Ruiz croit à la possibilité d’un accord, mais elle reste consciente de la difficulté d’être écoutée par les dirigeants. « Les gouvernements se montrent parfois attentifs mais votent rarement des lois. Finalement, les budgets ne sont jamais débloqués. »

Rédacteur et photographe : Mathieu Rault