Claude Bartolone est dans le Pré

Élu de Seine-Saint-Denis depuis 1979, Claude Bartolone est tête de liste aux élections régionales de 2015. Ses détracteurs le surnomment « le Parrain », mais quelle est encore son influence sur les suffrages du Pré-Saint-Gervais, la ville où il a grandi ?

Affiche électorale du candidat PS au Pré-Saint-Gervais
Pré-Saint-Gervais, le 6 décembre 2015, affiche électorale du candidat PS.

« C’est un arriviste ! », lance Jean-Michel. « Tous des escrocs », ajoute-t-il, vindicatif. Il parle de Claude Bartolone, tête de liste PS aux élections régionales et ancien maire du Pré-Saint-Gervais. Jean-Michel fait partie des 53 % d’abstentionnistes de sa commune, un chiffre au-dessus de la moyenne nationale. En ce dimanche électoral, la notoriété de Claude Bartolone, l’enfant de la cité Jaurès, mobilise peu. Devant le bureau de vote, Philippe affirme ne pas être « influencé par sa personnalité ». Tout juste sorti de chez Sam Coiffure, Abderrahim sait que Claude Bartolone « a fait du bon boulot ». « Mais sous l’état d’urgence, il faut voter utile », ajoute-t-il en souriant.

« Ce sera la guerre »

Près de l’école Anatole-France, Florence reconnaît être « plus enclin à voter PS » depuis qu’elle habite la commune. Pourtant, le nom de Claude Bartolone n’a eu « aucune influence » sur son vote. Magali et Valérie connaissent bien leur député, mais les attentats du 13 novembre ont fortement orienté leur choix. « Le gouvernement n’a pas su les anticiper. » Leur réponse : « On vote Front national pour les faire réagir. – Mais on ne veut pas que le FN gagne, sinon ce sera la guerre ! », précise Valérie. Au premier tour des élections, le FN a recueilli 2 % de moins qu’aux départementales de mars 2015. Claude Bartolone, lui, profite encore de son implantation locale avec 46,81% des voix au Pré-Saint-Gervais, un score de 20 % supérieur à celui réalisé en Île-de-France.

Rédacteur : Mathieu Quintard – Photographe : Mathieu Quintard