Les Editions Winioux

Où l’on apprend l’origine du mot Winioux et où les deux protagonistes montrent qu’elles ont plus d’un tour dans leur sac

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A l’origine, Winioux était le jeu de deux copines : Marion et Rafa

En combinant les lettres de leurs deux noms de famille, elles avaient inventé ce nouveau mot. Qui était Winioux ne mangeait pas de fromage, fumait de la banane séchée et adorait les frites. Qui était Winioux rêvait d’une île secrète que l’on ne voyait pas de l’extérieur, que l’on pouvait atteindre par un pont levis géant. Pour déclencher le mécanisme, il fallait prendre la clef,  derrière le compteur électrique et ouvrir le coffre planqué sous une latte du plancher, dans lequel il y avait leur carnet secret (rempli d’observations sur les garçons, dont la clef  était cachée dans la cabane à oiseaux qu’il fallait ouvrir avec un clou que l’on pouvait trouver dans le garage), un paquet de Stuvesant Light emprunté à la mère de Marion, une clef  (qui permettait d’ouvrir la parabole invisible de l’extérieur) et la carte-mère du pont levis.

Winioux était un genre de secte top-secrète dirigée par deux gourous très charismatiques (l’un pour l’autre !), au son de « 22, v’là les flics, Vindiou, v’là le fric, Winioux, v’là les frites », sans adepte bien sûr (par souci de discrétion). Winioux c’était avant tout une attitude face à la vie, mêlant ironie et auto-dérision. L’indécent logo, se constituait d’une terre auréolée, soutenue par une main, dont le majeur était tendu.

Puis Marion et Rafa ont pris en maturité… L’une a révélé au grand jour son talent pour le dessin (le zèle qu’elle mettait à dessiner des clefs en disait long sur ses prédispositions), l’autre pour l’écriture. Et comme elles voulaient continuer à s’amuser ensemble, elles ont décidé de créer des livres. Elles ont commencé par l’histoire d’une plume qui parle. Malgré les journées de travail, cela n’a rien donné. Puis l’histoire d’une petite fille pauvre qui rencontre un prince ; tiré à un exemplaire – pas mal.

Peut-être leurs créations n’étaient-elles pas encore complètement abouties, mais pour le moins, la définition de Winioux s’affinait. Cela devenait à leurs yeux une façon de dire le monde, alliant l’art aux mots afin de faire émerger de nouvelles idées.

Où Marion et Rafa trouvent un nouveau logo et créent une maison d’édition winioux

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De fil en aiguille, elles ont décidé de mieux s’organiser, et ont commencé par tenter un Défi Jeune, pour pouvoir financer leur premier livre et toutes les actions qui allaient avec. Et c’est avec un logo un peu plus passe-partout,qui reflète le fait que l’une a les pieds beaucoup plus grands que l’autre, et que c’était un de leurs sujets de conversation importants quand elles étaient petites – et cela peut évoquer au passage l’idée d’une grande personne qui guiderait un enfant – que sont nées les Éditions Winioux. Entre temps, Marion a suivi une solide formation d’Arts plastiques, à Barcelone puis à Strasbourg, et Rafaèle une solide formation de Lettres et d’Administration culturelle à Montpellier, Paris puis Bergen. Le fait d’avoir travaillé dans différents pays et d’avoir exercé différentes professions, leur a donné le recul nécessaire pour mûrir un projet cohérent incluant une réflexion sur la façon dont elle voulait interagir sur la société. Elles ne voulaient pas intervenir sur le public visé par le biais d’une relation commerciale. Elles auraient effectivement préféré que leurs livres soient systématiquement accompagnés d’actions de médiations culturelle, pour que le public (qui ne se confond pas forcément avec les acheteurs) soit dans de bonnes conditions de lecture et de compréhension. Elles se sont naturellement dirigées vers la publication d’album jeunesse.

Le principe de leur maison d’édition est que chaque publication s’accompagne d’une grande action d’infiltration des milieux favorables à la prolifération d’enfants. Ceci sur le territoire du siège social, en milieu rural, et sur le territoire de l’antenne belge, en milieu urbain. Entre Le Bleymard et Bruxelles elles se renvoient la balle, et font évoluer leur démarche en fonction de l’interaction avec le public visé. Cela donne à chaque fois de nouveaux éclairages sur les albums édités.

Les thèmes abordés dans leurs albums sont principalement à portée éducative ou philosophique. Ils portent en filigrane une idée sur des grands thèmes de société : l’amour, l’éducation, la mort, l’angoisse,… en bref, l’humain, pour le décrire, l’analyser, le dédramatiser.

Elles déclinent ensuite l’idée contenue dans le livre par le biais de différentes disciplines, en partenariat avec diverses structures existantes : compagnies théâtrales, groupes de musique, structure de diffusion de spectacle vivant,… afin de créer différentes sensibilisations à leurs albums, et aux idées qu’elles veulent défendre. Chaque sortie d’album est donc accompagnée de différentes actions de médiation culturelle. Cela peut se matérialiser par des rencontres organisées dans les écoles, les hôpitaux, les bibliothèques, des lectures, la création d’un spectacle tiré du livre, des animations participatives, ateliers d’illustration,…

Pour le moment, Marion est éducatrice dans une école spécialisée, et Rafaèle administratrice adjointe dans un théâtre, et peut-être qu’un jour leur structure pourra se développer, et elles pourront faire de leur passion leur métier.

Où un premier livre est publié, accompagné d’une myriade d’actions de sensibilisation pluri-disciplinaires

Depuis mars 2010, elles travaillent sur la mise en place administrative de la structure, d’une part, avec notamment la participation à un Défi Jeune, et la publication de leur premier album « Je t’aimerai toujours ». C’est Perrine Molter qui a permis l’élaboration de cet album, car elle a sollicité Marion pour illustrer un livre qu’elle avait écrit. Après plusieurs années d’expérience dans des classes réservées aux enfants atteints de troubles du comportement, cet auteur a eu envie de parler de l’angoisse que ces derniers peuvent ressentir quant à la possibilité de perdre l’amour de leurs parents. Marion et Rafa ont été séduites par ce thème, et se sont lancées dans ce projet qui verra le jour en octobre 2010. Elles ont sollicité nombre de personnes et de structures pour que le livre ne vive pas que dans les librairies, et que sa publication se transforme en un fête :

Au Théâtre de l’Arentelle (48300 St Flour de Mercoire), l’association l’Hermine de Rien a organisé un stage de théâtre destiné aux enfants dans le but de créer un spectacle sur le thème du livre. L’association les Mots Dits enverra une lectrice dans les crèches et les écoles primaires pour faire découvrir l’album aux enfants. La Bibliothèque Départementale de Prêts les a sollicitées pour participer à l’édition 2010 du festival « Bruit de Page ». Elles ont donc conçu un outil pédagogique et ludique pour animer un atelier d’illustration qu’elles vont donner plusieurs fois au cours de l’automne, soit en milieu scolaire, soit, ouverts au public. Une marionnettiste a crée une marionnette à l’effigie de Tina pour intervenir auprès du public dans le cadre d’animations-spectacle dans le but de sensibiliser les enfants, et leurs parents au propos de l’album sur l’acceptation des limites et le rôle d’éducateur que doivent jouer les adultes.

À suivre…

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