Ibère bonne presse

Depuis dix ans, la presse indé espagnole multiplie les magazines monothématiques, novateurs dans la forme et sur le fond. Revue de styles.

Double page d’Apartamento, 21 septembre 2015. DR

Éditer un magazine quasiment introuvable en kiosque, c’est l’un des combles du snobisme. Une flopée de revues de niche, apparues en Espagne ces dix dernières années, se targue ainsi de jouer la carte du marché parallèle, en librairie, dans des cafés, des concept stores ou des boutiques de vêtements. Outre que l’objet papier fait son petit effet sur l’étagère de la moindre échoppe, le choix de la diffusion souterraine dit beaucoup sur cette « coffee table press » d’un nouveau genre.

Apartamento, Plant Journal, Openhouse, Metal, Many of them, Candy, Hercules, ces bisannuels, pour la plupart monothématiques, sont vendus plus chers que la moyenne (à partir de 12 euros), ciblent clairement les créatifs, tendanceurs et autres hipsters qui y cherchent l’inspiration autant que l’information. Si l’on devait choisir un leader, ce serait Apartamento.

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Créée en 2008, la revue au format « pocket sized » a été classée par le New York Times dans la catégorie « post-matérialiste », soit hors du champ consumériste généralement proposé en kiosque par la presse dite lifestyle contrairement à d’autres magazines de décoration. «Nous donnons plus d’importance à celui qui vit dans un lieu, au texte qu’aux images, explique l’Espagnol Omar Sosa, l’un des trois fondateurs. La façon de vivre et l’intérieur d’une maison permettent de tirer un autre portrait des personnalités. C’est plus un magazine lifestyle focalisé sur les intérieurs qu’un magazine de décoration.» Que le titre ait choisi Barcelone comme lieu de travail «à la rigueur ça n’a pas d’importance, ajoute Omar Sosa, directeur de création désormais très demandé. Cette ville nous a permis de prendre notre temps, de développer notre projet sans avoir des charges outrancières, d’être un peu en dehors de la pression de la tendance».

Par Marie Ottavi — 18 septembre 2015

Lire l’article original sur Libération.fr

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