AVEC LE NUMÉRIQUE, LES ÉCRIVAINS Y LAISSENT DES PLUMES

ANALYSE

Par Frédérique Roussel16 septembre 2015 à 13:15

Une enquête du syndicat des auteurs, qui visait à évaluer la manière dont le numérique a affecté les écrivains américains, conclut à leur paupérisation croissante.

Un lecteur sur Kindle, la liseuse numérique d'Amazon, à Cambridge (Massachusetts), en 2011.

Un lecteur sur Kindle, la liseuse numérique d’Amazon, à Cambridge (Massachusetts), en 2011.Photo Brian Snyder.Reuters

Les écrivains américains ont du mal à vivre de leur plume. En quinze ans, leurs revenus ont tellement baissé qu’ils ne suffisent plus à les faire vivre. Une étude de la société Codex Group réalisée pour la Guilde des auteurs, le syndicat des auteurs américains, a interrogé 1 674 écrivains, dont 89 % ont plus de 50 ans. Le revenu annuel moyen d’un auteur à temps plein a chuté de 30 % entre 2009 et 2015 pour atteindre aujourd’hui 17 500 dollars en moyenne (15 552 euros), et celui d’un temps partiel de 38 % à 4 500 dollars (environ 4 000 euros). Seuls 39 % des auteurs gagnent suffisamment pour ne pas avoir à chercher un complément de revenu.

 

Piratage et fermeture de librairie

Divers paramètres expliquent cette paupérisation, selon l’étude qui visait à évaluer l’impact du numérique sur les conditions économiques des auteurs. En premier lieu, le développement du livre numérique et d’Amazon, qui ont poussé à une baisse des prix des livres et des revenus des auteurs. Mais il y a aussi le piratage et la fermeture des librairies. En 2009, lorsque la Guilde a fait sa première enquête, les ebooks étaient encore peu utilisés par les lecteurs. Le tableau n’en est pas pour autant si dramatique, modère Mary Rasenberger, directrice de la Guilde à Publishers Weekly, qui a eu la primeur des conclusions : «Nous avons traversé la tempête et à bien des égards, la situation n’est pas aussi grave que certains la prédisaient.»

«Des raisons d’espérer»

Autre enseignement : les auteurs sont de plus en plus nombreux à rechercher des modes alternatifs de diffusion. Ainsi, les auteurs «commencent à voir l’autoédition comme un débouché pour des projets qui ne sont pas soutenus par les maisons d’édition traditionnelles», poursuit Mary Rasenberger. L’Authors Guild en appelle à une évolution du modèle économique et à une meilleure redistribution des revenus de la part des éditeurs. Il réclame aussi une modification des textes protégeant les droits d’auteurs pour les adapter au nouveau contexte. «Le tableau n’est pas rose, mais il y a des raisons d’espérer», écrit l’Authors Guild, qui voit ainsi dans la variété des modes de publications une chance pour les auteurs. Le numérique a par ailleurs permis de rapprocher écrivains et lecteurs. A quand une étude similaire qui rend compte de l’évolution de la situation économique des écrivains français ?

lire l’article original sur Libération.fr

 

 

 

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