589 romans en librairie pour cette rentrée littéraire et parmi ceux-là, «La Fête des mères» de Jacques Bauchot.

Le discours sur la rentrée littéraire a parfois des allures de publicité pour supermarchés. On parle chiffres, promotions, comparatifs et ventes. Il y a les têtes de gondole, ces écrivains dont on compte bien que les livres fassent le buzz (de Christine Angot à Simon Liberati) et dont on charge les rayons. Les produits de saison (le nouvel Amélie Nothomb…) et puis ceux dont on imagine que, peu ou prou, ils se trouveront en lice pour la distribution des prix (Goncourt d’abord s’entend).

589 romans en tout sont recensés cette année. Moins que l’an dernier (607) et bien moins qu’en 2006 (683). Tant qu’à parler chiffres, on peut retenir 68 premiers romans. De nouveaux textes pointant le bout de leur nez au milieu de cette foire aux livres. C’est si fragile un premier roman. Courageux comme un pas en avant. Et ça raconte, toujours, une vocation d’écrivain.« Les écrivains, lit-on justement dans la Fête des mères, le (premier) roman de Jacques Bauchot, sont les êtres les plus malheureux du monde, les mains toujours propres quoi qu’ils écrivent… »

Voilà d’emblée un texte remarquable qui parle d’enfance et de cauchemars, de révolte et d’aptitude au bonheur.

L’histoire d’un petit garçon dans une famille bourgeoise qui ne sait plus qui il est dans sa fratrie et ce qu’il va devenir entre un père malheureux et une mère dévorante. C’est écrit à hauteur de grandir, pareil à ces traits de crayon qui, d’année en année, marquent au mur la croissance des enfants. L’écriture est bouleversante de sincérité. Une sincérité qui fait souvent la marque des premiers romans. Gare à ce qu’elle ne s’émousse.On la retrouve cette année dans le très beau livre de deuil et de révolte de Didier Castino où un fils rend sa voix (sa vie) à un père décédé dans un accident d’usine (Après le silence, chez Liana Levi), dans Avant de rejoindre la grand soleil (de Daniel Parrochia, chez Buchet-Chastel) sur les éblouissements et les mirages de la jeunesse ou le Pardon de Rodolphe Blavy où l’Afrique (si présente aussi dans la Fête des mères) se mêle à la découverte de soi. 68 premiers romans ? De quoi tenir chronique pendant des mois.

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